Dimanche 21 Octobre, 2018

Non, René Préval ne serait pas mort d’un ACV

Décidément, la mort de René Préval semble être bien plus complexe que la thèse officielle d’Accident vasculaire cérébral avancée hâtivement par des sources médicales, vendredi 3 mars, le jour même des évènements. Des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours pour évoquer un éventuel « empoisonnement ». Improbable ?

Intrigué et perplexe, le sénateur Jean Renel Sénatus a demandé, à travers un correspondance écrite, au ministre de la Justice « d’instruire le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince de diligenter une enquête dans l’espèce, s’adresser aux responsables de l’Institut Medio Légal (IML) pour  que le cadavre soit autopsié avant les funérailles de l’ex-président et que rapport circonstancié lui soit copié en toute célérité. »

Mais bien avant, la famille de défunt a pris elle-même l’initiative d’ordonner une autopsie médico-légale pour déterminer les causes de la mort de celui qui a dirigé Haïti en deux mandats (1996-2001 et 2006-2011) après avoir été premier ministre de Jean-Bertrand Aristide durant huit mois (13 février - 11 octobre 1991).

Informé par « des sources proches de la famille du défunt », le quotidien Le Nouvelliste rapporte que « c’est le directeur de l’Institut médico-légal, le Dr Jean Armel Demorcy, qui a procédé à la dissection et à l’inspection des différentes parties du cadavre pour déterminer la cause de la mort. » L’opération a été effectuée hier mardi.

Résultat ? « Tout s’est passé dans les règles de l’art et toutes les précautions ont été prises pour éviter les photos volées », a fait savoir un membre de la famille au quotidien qui enchaine avec une révélation surprenante:

« Selon les premières indications non officielles, Préval n’aurait pas succombé à un accident cérébro-vasculaire (ACV). D’autres investigations sont en cours avant que l’autopsie ne permette d’arriver à des conclusions.»

Concernant les délais entre l’opération effectuée ce mardi et la manifestation de la vérité scientifique, un médecin interrogé par Le Nouvelliste avertit que « les résultats d’une autopsie prennent du temps avant de dévoiler les causes de la mort ». 

Or, le corps de l’ancien président René Préval doit être exposé dans les Jardins du Musée du Panthéon national (MUPANAH) au Champ de Mars ce vendredi 10 mars et ses funérailles nationales sont programmées pour le samedi 11 mars 2017 au kiosque Occyde Jeanty. L’inhumation aura lieu à Marmelade, sa ville natale.

Décédé subitement à 74 ans, René Préval jouissait jusque-là « d’une bonne santé, ne souffrant pas de tension artérielle ni de diabète, ni d’autres maladies chroniques, remis depuis des années d’un cancer de la prostate soigné à Cuba », s’il faut croire le Nouvelliste.

Le député Jerry Tardieu qui proclame avoir passé avec René Préval « [s]es dernières heures sur terre » peu avant sa mort a publié en un tournemain son témoignage dans la presse: « Serein, calme, détendu, l’ex-président Préval pétait la grande forme. »