Lundi 27 Janvier, 2020

Jovenel Moïse : « Non ! Mwen p ap kite pouvwa a bay opozisyon an »

Le Président de la République, Jovenel Moïse, lors de l'interview avec le service créole "La Voix de l'Amérique". Photo: Capture vidéo.

Le Président de la République, Jovenel Moïse, lors de l'interview avec le service créole "La Voix de l'Amérique". Photo: Capture vidéo.

Pour une nouvelle fois, le président de la République affirme n’être pas prêt à laisser le pouvoir au profit de l’opposition qui ne cesse de réclamer son départ. Dans une interview exclusive accordée cette semaine au service créole « La Voix de l’Amérique », Jovenel Moïse a renouvelé sa détermination à s’attaquer à un « système » qui, dit-il, contrôle l’Etat depuis des décennies.

Le chef de l’Etat affirme avoir fait le choix de la rupture. « Sous mon administration, l’Etat n’est plus contrôlable », a dit Jovenel Moïse dans cette entrevue d’une durée de 50 minutes. « Yo p ap ka kontwole l ankò. Mwen di Non (N-O-N). Sa kap pase la a, se yon batay pou vin kontwole leta a », a précisé le locataire du Palais national. Jovenel Moïse croit qu’il est grand temps à ce que l’appareil étatique se libère d’une catégorie bien spécifique. « Les ressources de l’Etat ne peuvent pas être mises au service d’un petit groupe. Fini les mains mises ! », a martelé le président de la République.

L’ancien PDG de la firme « Agritrans » dénonce une campagne de manipulation, visant à chambarder la situation, et plonger le pays dans le chaos. « Trop de manipulation. Trop de non-dits. Il faut se regarder dans les yeux, et dire les quatre vérités », a dit le président Moïse.

Selon lui, « il n’est pas possible qu’après chaque élection démocratique, une grande majorité subisse la loi d’une minorité ». « Mwen di sa klè ak mesye sa yo, mwen p ap pote pouvwa a ba yo. Map tounen l bay pèp la », dixit Jovenel Moïse. Cependant, il avoue n’être pas accroché à un mandat, mais plutôt à des réformes. Des réformes qui, selon le Chef de l’Etat, concerneront la constitution, toucheront notamment le secteur de l’énergie ainsi que le secteur financier.

Au terme de la cérémonie de commémoration des 216 ans de la bataille de Vertières au MUPANAH, le 18 novembre dernier, Jovenel Moïse a réaffirmé sa détermination d’éliminer ce qu’il appelle « le système » qui, dit-il, favorise le renforcement de la misère, de la pauvreté et de l’insécurité. « Le changement se fera dans la douleur, et prendra du temps. Nous sommes à un carrefour historique. Ce changement que je prône, doit être inclusif. Et on ne doit pas rater cette opportunité », a-t-il insisté.

Pour Jovenel Moïse, « c’est l’une des plus grandes crises politiques qu’a connues Haïti depuis 1986 ». La crise actuelle, souligne-t-il, se conjugue en deux (2) mots : « Danger et Opportunité ». « De mon côté, j’ai choisi l’opportunité, a la place du chaos ou du danger », rappelle celui qui n’a pas cessé de multiplier les appels de dialogue depuis quelque temps. « Cependant, ça ne devra pas être un dialogue de sourd », précise le Chef de l’exécutif, tendant sa main une fois de plus à ses opposants, qui continuent de réclamer sa démission. Il souligne que la résolution de cette crise dépend de la capacité des acteurs, qui doit la convertir en opportunité.

A tous ceux et toutes celles qui sont convaincus qu’il est fortement supporté par la communauté internationale, particulièrement les Etats-Unis, le 58ème Président d’Haïti croit que « seul le peuple haïtien avec sa carte électorale, constitue sa force et son support ». Toutefois, il avoue avoir le soutien de Washington dans le cadre de l’implémentation de sa vision. « Je ne suis pas le seul à avoir l’appui de l’international. Les opposants, eux aussi, réalisent des tournées aux Etats-Unis. A quelles fins ? », s’interroge le premier citoyen de la nation.

Rappelons que le président de la République avait affirmé, en octobre dernier, qu’il serait irresponsable de sa part de démissionner, alors que de larges manifestations se sont multipliées depuis fin août à travers le pays pour exiger son départ. Dans la foulée, les mouvements de protestation s’affaiblissent à Port-au-Prince et dans certaines villes de province. Après avoir signé l’accord de Marriott, les dirigeants de l’opposition n’arrivent toujours pas à choisir le président provisoire et le Premier ministre qui devraient diriger la transition. Faire le choix d’un juge à la Cour de cassation pour remplacer Jovenel Moïse, une proposition minimisée par le Palais national.

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