Lundi 22 Juillet, 2019

Nissan limoge Carlos Ghosn après 20 ans de règne

Carlos Ghosn, le président révoqué de Nissan Motors, lors d'une conférence de presse le 12 mai 2011 à Yokohama au Japon

Carlos Ghosn, le président révoqué de Nissan Motors, lors d'une conférence de presse le 12 mai 2011 à Yokohama au Japon

Le conseil d'administration du géant de l'automobile Nissan a décidé jeudi de limoger son emblématique président Carlos Ghosn, détenu à Tokyo pour des malversations présumées, une chute jusque-là inimaginable pour l'homme qui a sauvé le constructeur japonais.

Derrière les portes closes, six hommes et une femme ont jugé à l'unanimité que les soupçons pesant sur le tout-puissant patron suffisaient pour le chasser de son poste de président.

Cette révocation acte la fin de près de 20 ans passés à la tête de Nissan, la majeure partie du temps comme PDG puis à la présidence du conseil. Il risque la même sanction chez Mitsubishi Motors qui a rejoint l'alliance en 2016: un conseil d'administration se réunira lundi, selon un porte-parole de la société, mais il reste PDG de Renault "momentanément empêché".

- "Faute grave" -

Officiellement, le Franco-Libano-Brésilien est accusé d'avoir, avec des complices, "minimisé sa rétribution à cinq reprises dans des rapports remis entre juin 2011 et juin 2015", en déclarant aux services financiers une somme totale de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) au lieu de près de 10 milliards de yens.

Il n'a en revanche pas voulu donner de détails sur l'enquête en cours ni sur le nombre d'heures d'auditions menées chaque jour, alors que pleuvent les révélations dans les médias japonais sur les méfaits dont se serait rendu coupable le magnat de 64 ans.

Mercredi, le tribunal a décidé de prolonger de 10 jours sa détention afin de poursuivre les investigations. Et cette période pourrait se prolonger bien au-delà, en vertu des règles du système judiciaire japonais.

Le groupe Nissan, en tant qu'entité morale, peut en théorie aussi faire l'objet de poursuites, a précisé le représentant du parquet.

Chez Renault, la prudence est pour l'instant de mise. Le conseil d'administration a demandé à Nissan "de lui transmettre l'ensemble des informations en sa possession dans le cadre des investigations internes dont M. Ghosn a fait l'objet".

Face à cette affaire qui ébranle l'alliance comme jamais depuis sa naissance en 1999, le gouvernement français multiplie les déclarations rassurantes quant à l'avenir du constructeur au losange, dont l'État détient 15%.

Il doit rencontrer jeudi après-midi à Paris son homologue japonais, Hiroshige Seko, pour évoquer la pérennité du partenariat ainsi que sa "prolongation".

L'un des objectifs serait de modifier les participations croisées: Renault détient 43% de Nissan, mais le Japonais, qui domine son allié en termes de chiffre d'affaires, n'en possède que 15%, une situation qui provoque depuis longtemps des rancoeurs dans l'archipel.

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