Jeudi 21 Juin, 2018

N’importe qui peut désormais vendre de l’électricité en Haiti

Dans le cadre des réformes en cours au sein du secteur de l’énergie en Haïti, l’État haïtien, à travers la nouvelle Autorité nationale de régulation du Secteur de l’Énergie (ANARSE), vient de lancer un appel à manifestation à tout entrepreneur désireux et capable de produire et vendre de l’électricité en Haïti. Par cet acte, Haïti retire le monopole de ce secteur des mains de l’Électricité d’Haïti (EDH) qui devient désormais un opérateur comme tous les autres.

Sur environ 43 millions 700 mille habitants de la Caraïbe, 9 millions n’ont pas d’électricité, 7 millions sont d’Haïti. Ces chiffres avancés par le Dr Evenson Calixte, intervenant mercredi soir, à une conférence organisée par AHTIC autour des énergies renouvelables, sont poignants et mènent à une bien triste conclusion : l’ED’H a échoué.

 

« Il faut appeler un chat un chat », a dit le Dr Calixte, Directeur de l’ARNASE. Du haut de ses 40 ans d’existence, l’ED’H n’a réussi à permettre l’accès à l’électricité qu’à 30% de la population haïtienne. Et là encore, l’on parle de « 30% de la population qui voient passer le courant chez eux pendant 9 à 12 heures par jour », tranche-t-il.

Donc, des réformes au niveau du secteur s’avèrent nécessaires. D’où la création de l’Autorité nationale du secteur de l’Énergie à qui cette lourde tâche est attribuée. Parmi moult mesures prévues par la nouvelle structure, compte l’initiative d’ouvrir le système de production, de distribution, de vente de l’énergie électrique dans le pays, ce pour permettre à tous d’avoir accès à ce service.

Désormais, n’importe quel entrepreneur ou investisseur haïtien ou étranger peut décider de se lancer dans la production de l’électricité en Haïti, en mettant sur pieds son propre micro réseau électrique au sein de l’une des 120 communes du pays n’ayant pas d’électricité. L’ensemble de ces micro-réseaux communaux constitueront le grand réseau national, selon le directeur.

L’appel à manifestation a été lancé depuis le début de l’année 2018 et prendra fin en mars. « On a beaucoup de feedback », a fait savoir le Directeur de l’ANARSE, soulignant que la structure qu’il dirige jouera le rôle de régulateur, d’arbitre entre le producteur et les clients.

Les intéressés doivent soumettre un plan d’affaires, indiquant le nombre de mégawatts qu’ils peuvent produire à partir de leur structure et convaincre les autorités de l’ANARSE pour obtenir un certificat de fonctionnement qui sera d’abord temporaire…

« L’État, lui, a déjà mis en place un ensemble d’éléments nécessaire au fonctionnement du réseau : les fils, les poteaux et transformateurs », a-t-il soutenu, rajoutant que l’intention de l’État c’est de créer une autre classe d’hommes d’affaires dans le pays, en leur permettant d’investir dans quelque chose de rentable.

Dans ce contexte, l’ED’H devient un simple opérateur public d’électricité en Haïti, comme tous les autres opérateurs. L’ANARSE, quant à elle, créée par décret présidentiel du 3 février 2016, jouera le rôle d’arbitre du secteur. Elle ne fera montre d’aucun favoritisme, a rassuré son directeur général.

Pour l’appel à manifestation lancé par l’ANARSE, plus d’informations sur le site web de l’organisme ici : www.anarse.gouv.ht