Dimanche 15 Septembre, 2019

Budget 18-19: « Ni crédible, ni sincère, ni citoyen, ni participatif »

L'économiste Etzer Emile dans la présentation de son analyse sur le budget 18-19 à Marriott, mercredi 19 décembre./Photo: Luckenson Jean

L'économiste Etzer Emile dans la présentation de son analyse sur le budget 18-19 à Marriott, mercredi 19 décembre./Photo: Luckenson Jean

L'économiste Etzer Emile passe au crible de son analyse le projet de lois de finance 2018-2019, déposé au parlement depuis mardi 11 décembre par le ministre de l’Économie Ronald Décembre.

L’auteur de l’ouvrage « Haïti a choisi de devenir pauvre : les vingt raisons qui le prouvent », avance quelques « constats majeurs », soulève plusieurs zones d’ombre du budget qui, indique-t-il dans son intervention tenue à l’hôtel Marriott mercredi 19 décembre, « n’est ni crédible, ni sincère, ni citoyen ni participatif ». Ni crédible, ni sincère parce que « les prévisions de recettes sont trop optimistes ». Rien qu’au niveau des recettes, a-t-il révélé, ce budget propose une collecte ambitieuse des organismes de perception avec un taux d’accroissement de 44% par rapport à l’encaissement effectif du budget 17-18 ».

Ni citoyen ni participatif parce que les citoyens sont écartés dans le processus d’élaboration. « Pas d’infrastructures sollicitant une forte main-d’œuvre (par exemple, les rénovations de bâtiments, l’adoquinage des rues…) pour booster la création d’emplois », dit-il, considérant que la croissance économique et la création d’emplois ne sont pas valorisées. C’est un « budget déficitaire » au départ, souligne l’économiste car les prévisions de revenus trop optimistes, non-atteignables le confirment » et ce déficit risque de toucher 30 milliards de gourdes.

Selon le leader du Groupe d’Education Economique et Financière (GEEF), le budget n’est en outre pas innovant. Il reprend « les mêmes ossatures, les mêmes réflexes et l’État de service, générateur de croissance et de richesses, n’est pas au rendez-vous ».

Jovenel Moïse fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille pendant son quinquennat. Il avait, les mois derniers, réitéré son engagement à accompagner les institutions concernées dans les enquêtes qu’elles mènent dont celle relatives à l’affaire Petrocaribe. Etzer Emile constate, cependant, que le budget ne révise pas à la hausse l’enveloppe allouée à des institutions comme la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA). Elle est passée de 1,6 milliard à 1,3 milliard (une baisse de 23%).

En dépit de la hausse observée pour l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), passant de 65 à 74 millions de gourdes et pour l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), passant de 184 millions à 244 millions, une hausse de 32%. Cela ne suffit pas, a-t-il estimé.

En outre, Etzer Emile revient sur certains faits essentiels du projet de lois comme l’augmentation de 14% du salaire et traitement, la réduction des dépenses au personnel diplomatique, la baisse du budget de fonctionnement du ministère de l’Intérieur, l’augmentation du budget de la santé publique qui a doublé pour passer de 5,6 à 12,13 milliards de gourdes. Ce qui, selon Emile, fait du projet de budget 2018-2019, un document à caractère social comme le clame l'exécutif.

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