Samedi 20 Octobre, 2018

Négociations du Brexit: Theresa May dénonce une impasse et blâme l'UE

La Première ministre britannique Theresa May, le 20 septembre 2018 à Salzbourg, en Autriche

La Première ministre britannique Theresa May, le 20 septembre 2018 à Salzbourg, en Autriche

La Première ministre britannique Theresa May a contre-attaqué vendredi contre l'UE des 27, déclarant les négociations du Brexit "dans une impasse" par sa faute, au lendemain du rejet de ses propositions lors du sommet informel de Salzbourg, en Autriche.

Elle a maintenu que son "plan de Chequers", présenté en juillet et prévoyant le maintien d'une relation économique étroite avec la création d'une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles, restait "la meilleure manière de protéger les emplois ici (au Royaume-Uni) et en Europe".

En se rendant à Salzbourg, Mme May ne s'attendait certes pas à un accueil enthousiaste de son plan "de Chequers". Mais le rejet sans équivoque des 27, qui le jugent irrespectueux de l'intégrité du marché unique et des quatre libertés de circulation (biens, services, personnes et capitaux), l'a cueillie à froid tant elle espérait un geste pour la conforter face à son parti ultra-divisé sur le Brexit.

Pour Simon Usherwood, professeur de Sciences politiques à l'Université du Surrey, les Européens ont effectué "une sorte de mise au point" face aux informations qui circulaient au Royaume-Uni selon lesquels l'UE était "prête à faire des concessions".

- 'Humiliation'-

Fragilisée depuis la perte de sa majorité parlementaire absolue après les élections législatives anticipées qu'elle avait convoquées en juin 2017, Mme May sait qu'elle est attendue au tournant par les tenants d'une rupture nette avec Bruxelles qui voudraient la déboulonner.

Le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a toutefois assuré: "Nous ne sommes pas en guerre avec le Royaume-Uni", dans une interview au quotidien autrichien Die Presse vendredi.

Mme May a promis de faire de nouvelles propositions concernant l'Irlande du Nord qui "préserveront l'intégrité du Royaume-Uni", mais a de nouveau affirmé que son pays préférerait "pas d'accord à un mauvais accord".

Londres et les 27 espéraient s'entendre lors du prochain sommet du 18 et 19 octobre à Bruxelles sur un accord scellant leur divorce, prévu fin mars 2019, ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation, en particulier au niveau économique. Mais il est désormais question d'un nouveau sommet autour de la mi-novembre.