Dimanche 18 Novembre, 2018

Au parquet, le prophète Dorilas n'a pu fournir aucun document légal

Marckenson Dorilas est attendu, dans un mois, au parquet de Croix-des-Bouquets ou il devra fournir les pieces et les documents qui l'habilitent a fonctionner

Marckenson Dorilas est attendu, dans un mois, au parquet de Croix-des-Bouquets ou il devra fournir les pieces et les documents qui l'habilitent a fonctionner

Marckenson Dorilas s’est présenté, hier mardi 11 septembre, au parquet de la Croix-des-Bouquets, où il fut entendu par le commissaire Yvon Jean-Noël. Acclamé par une foule de fidèles rassemblés devant le tribunal, l’autoproclamé prophète n’a fourni aucune pièce légale certifiant son autorisation de fonctionnement, encore moins un document qui prouve son expertise dans les questions médicales.

Les fidèles et membres de l’église Les Envoyés de Dieu s’attroupent devant le parquet de Croix-des-Bouquets et entonnent à l’unisson des chants tirés de leur cantique d’évangile. Ils apportent leur solidarité à Marckenson Dorilas, autoproclamé prophète et élu de Dieu. Ce jeune chef religieux va jusqu'à croire détenir le remède contre le sida : un jus au blender à base, entre autres, d’aloe et de punaises de lit.

Dans une courte vidéo, on le voit inciter ses fidèles à la débauche et l’immoralité sexuelle tout en cautionnant le déni de paternité. Suite à une intervention où il prescrit son remède à la punaise, il fut invité à se présenter au tribunal civil.

Marckenson Dorilas n’a pu fournir, au commissaire et aux substituts du commissaire, aucune pièce légale l’habilitant à fonctionner dans ce climat pastoral qui est perçu, par une frange de la population, comme du business sous couvert de théocratie. Son avocat sollicite un délai d’un mois. Pendant ce temps, son client, le prophète, va se munir de tous les pièces et les documents certifiant l'autorisation de son ministère.

De plus, son église n’est pas enregistrée au ministère des Cultes, donc n’est pas reconnu par la loi.  Au cours de l’audition, deux substituts ont quitté la salle et se montrent très remontés contre d’autres collègues du commissariat qui n’ont pas retenu le citoyen, alors qu’ils auraient dû procéder à son arrestation.

Le Commissaire Yvon Jean-Noël, craignant un vaste mouvement de foule et des actes d’intimidations de la part des fidèles partisans de Marckenson, dit avoir pris « une décision de sagesse en le laissant partir et pour ne pas jeter de l’huile sur le feu ».  Si, à la prochaine audition prévue dans un mois, le commissariat n’est pas satisfait des pièces et des documents fournis, « l’action publique pourrait être mise en mouvement contre lui ».

De son côté, Sylvain Exantus, président de la Fédération protestante d'Haiti, crie au scandale et déplore la corruption qui règne au sein de ce ministère « qui délivre des certificats d’ordination à des gens qui n’ont aucune formation requise pour exercer le métier de pastorat ».