Mardi 28 Janvier, 2020

Moïse promet un gouvernement légitime d'ici la fin de cette année

Le président Jovenel Moïse / Photo : Ministère de la Communication

Le président Jovenel Moïse / Photo : Ministère de la Communication

Un gouvernement d'ici la fin de l'année 2019 ? Jovenel Moïse y croit. C'est en tout cas ce qu'il a laissé entendre lors d'une interview accordée à l'agence de presse EFE en début de ce mois.

Les discussions pour la formation d'un gouvernement légitime d'ici la fin de l'année, sont en cours, selon ce qu'a confié le président Jovenel Moïse lors d'un entretien avec EFE la semaine dernière. Dans cette interview, le chef de l'Etat a reconnu qu'il était inacceptable qu'un pays soit sans gouvernement et sans budget pendant si longtemps.

« Il n’est pas normal que le pays soit sans gouvernement depuis 10 mois et sans budget depuis 14 mois », a reconnu Moïse qui dit s'engager à trouver une solution à ce problème et à d'autres dont la famine qui saccage certains coins du pays. « Il est important que nous trouvions une solution pour débloquer la situation afin que l'économie puisse bouger. Pour faire bouger l'économie, il faut un gouvernement légitime. [...] Nous avons besoin d'un gouvernement en extrême urgence », a-t-il soutenu.

Pour parvenir à ce "gouvernement d'union nationale", indique le locataire du palais national, il faut un accord entre les différents acteurs, notamment de l'opposition ou de la société civile d'où devrait venir le Premier ministre. Une position qui reflète celle d'une partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis en particulier qui, à eux seuls, ont déjà envoyé au moins trois missions politiques en Haïti à ce sujet. La dernière en date étant celle conduite par David Hale.

 

Mais l'opposition, elle, prône tout autre chose : la démission du chef de l'Etat, la formation d'un gouvernement de transition et le procès Petrocaribe, lequel dossier implique le président de la République en personne. Depuis plus de trois mois, l'opposition politique, appuyée par des voix de la société civile, exige le départ du président. Les opposants ont même le nom du remplaçant de Moïse en cas de départ. Mais le président rejette tout projet de démission et demande le dialogue.

 

Face au refus des acteurs à dialoguer avec lui, Jovenel Moïse pointe du doigt le "système" qui, dit-il, ne travaille pas dans l'intérêt du peuple et ne peut/veut se régénérer qu'à travers les transitions. Mais ce système ne serait pas le seul problème du pays. Selon Moïse, la Constitution est pour beaucoup dans ce que traverse le pays actuellement.

« Haïti est fatiguée avec cette Constitution », insiste Moïse. Pour lui, la loi mère du pays est "une source de crise politique" mais aussi aux antipodes de la culture des Haïtiens. "Le peuple haïtien est un peuple présidentiel, fait-il savoir. Tout ce qui ne fonctionne pas est imputé au président. [...]. Pourtant la Constitution accorde des pouvoirs extrêmement limités au président de la République ».

Sources : EFE et Le Nouvelliste

 

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