Dimanche 15 Décembre, 2019

Moïse menace de sévir « par tous les moyens » contre les barricadeurs

Sur la photo, le Président de la République, Jovenel Moïse. Photo: Page Facebook/JM.

Sur la photo, le Président de la République, Jovenel Moïse. Photo: Page Facebook/JM.

Après plus de 2 mois de protestation, le président de la République change de ton. Lors de la cérémonie de lancement du programme de financement aux agriculteurs, déroulée au Palais national jeudi 28 novembre, Jovenel Moïse a menacé de mettre hors d’état de nuire tout individu empêchant les citoyens à vaquer à leurs occupations. En ce sens, le chef de l’Etat appelle les autorités policières et judiciaires à jouer pleinement leur rôle en vue de contrecarrer les bandits.

« Yon nèg ki anpeche pèp la vake a okipasyon l, travay li kòm sa dwa, sèl chwa ke leta genyen, se metew hors d'état de nuire, kèlke swa jan ». Cette déclaration du président de la République a été applaudie chaleureusement par les personnalités qui assistaient à la cérémonie au Palais national. Jovenel Moïse croit que « les bandits ne peuvent être, en aucun cas, beaucoup plus puissant que l’Etat ».

« Moun ki chwazi manyen zam, lavi yo pa janm long », a déclaré le président Moïse qui a pris l’exemple de Village de Dieu et de « Savien » dans l’Artibonite. Le locataire du Palais national donne la garantie que les résultats arriveront sous peu et annonce l’adoption d’un ensemble de mesures visant à freiner l’action des gangs armés. Jovenel Moïse exhorte la police et la justice à travers les 18 juridictions du pays à jouer pleinement leur rôle, dans le cadre d’une synergie afin de mater cette situation d’insécurité.

« Les autorités policières et judiciaires doivent se mettre ensemble pour lutter contre les « démons ». Les bandits sont considérés comme des démons qui emportent les enfants que l’on a chez soi. L’Etat de son coté, doit s’ériger en un « démon » beaucoup plus redoutable pour faire régner l’ordre », a souligné le numéro de l'exécutif.

« A tous ceux qui prêchent la violence. Je leur dit que la violence n’engendre que la violence. Je ne veux pas répondre à la violence politique par la violence », a déclaré Jovenel Moïse qui croit que l’insécurité est alimentée par certains secteurs.

Parallèlement, le chef de l’exécutif continue de prêcher le dialogue entre tous les Haïtiens. Afin de sortir le pays de l’impasse. « Il est important de nous mettre ensemble pour un nouveau départ. Mais les « gardiens et les héritiers » du système doivent donner une chance aux victimes », a martelé Moïse, prônant une solution inclusive. « S’il y a des décisions difficiles à prendre, je suis prêt à le faire et les assumer. Paske ti rès la se pou pèp la », a-t-il affirmé.

Cette énième sortie du l'homme du PHTK arrive à un moment où un conflit ouvert s’est déclaré entre l’Etat haïtien et la Sogener, dans le cadre du dossier du contrat de fourniture d’électricité. Mercredi dernier, le Commissaire du gouvernement a.i de Port-au-Prince, Jacques Lafontant avait même émis des mandats d’amener contre les responsables de la compagnie d’énergie. Jean-Marie Vorbe et Dimitri Vorbe entre autres personnalités prévenues de faux et usage de faux en écriture privée, de surfacturation et d’enrichissement illicite.

Suite à cette décision du Parquet de la capitale, des organisations patronales sont montées au créneau pour critiquer les méthodes jugées « arbitraires et illégales », utilisées par les autorités judiciaires. « La société ne le tolèrera pas et nous proclamons, haut et fort que : le temps des dictatures est révolu ! », ont martelé la Chambre de commerce et de l’industrie d’Haïti, l’Association des Industries d’Haïti et la Chambre Franco-haïtienne de commerce et de l’industrie.

 

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