Dimanche 15 Décembre, 2019

Moïse demande une trêve et propose un gouvernement d'union nationale

Jovenel Moïse / AFP

Jovenel Moïse / AFP

Le président Jovenel Moïse a délivré tôt ce 25 septembre un message aux Haïtiens après des semaines de tension. Le discours de plus d'un quart d'heure du chef de l'Etat peut se résumer, comme dans ses précédentes prises de paroles, en un appel à l'union et au dialogue.

Jovenel Moïse, dont une adresse à la nation a été annoncée pour la soirée du 24 septembre, a finalement prononcé son discours, à 2 heures, dans la matinée du 25 septembre sur la Télévision nationale d'Haïti (TNH). Formulation d'accusé de réception du message de la population, prononciation de quelques promesses de mesures visant à résoudre la crise, appel au dialogue et à l'union pour sauver la nation, bref... les mêmes formules habituelles.

"Ayons le courage d'oser nous unir [...]. Ayons le courage de rejeter les pratiques qui nourrissent nos adversités", a prêché Jovenel Moïse qui a été lundi, contraint d'annuler sa participation à 74e Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU). Il a d'ailleurs souligné y avoir renoncé aux fins d"adresser les problèmes auxquels le pays fait face" depuis plusieurs des mois.

"Je ne vais pas fuir devant cette charge", a martelé le chef de l'Etat. Il appelle "le peuple" et "la jeunesse" qui, dit-il, lui ont confié cette responsabilité, à lui venir en aide. "Je tends ma main vers les forces de la nation", a par ailleurs scandé Moïse qui "demande une trêve historique" et un dialogue avec tous les acteurs en vue de l'accouchement d'"un gouvernement d'union nationale".

 

"Nous avons constaté que le Sénat n'est pas en mesure de remplir ses obligations constitutionnelles", a-t-il aussi fait remarquer, indiquant que le pays serait déjà loin si la violence et vandalisme pouvaient y faire quelque chose. "Je me suis promis de ne pas répondre à la violence politique par la violence. Je réponds à la violence politique par le dialogue", a insisté Moïse. 

Jovenel Moïse en profité pour dire avoir passé des instructions au Premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin, quant aux dispositions à prendre en vue de combattre le climat d'insécurité qui s'en va grandissant dans le pays. Le Conseil supérieur des salaires (CSS) a aussi été enjoint de donner donner les suites utiles en ce qui concerne le salaire minimum.

Le pays a connu des moments de troubles ces dernières semaines. La population, face à la rareté du carburant, s'était manifestée mi-septembre afin de dénoncer l'irresponsabilité de l'Etat central et exiger le départ de Jovenel Moïse. Suite à cela, alors que la rentrée scolaire prévue depuis 9 septembre peine à être effective, arrivent les tensions liées aux tentatives de ratification au Sénat, de Jean William MIchel. Ce dernier est déjà au coeur d'au moins troiss scandales, dont deux liés à la corruption, depuis sa nomination.

Les 11 et 23 septembre, deux séances visant la ratification de la politique générale du Premier ministre nommé ont été avortées au Sénat. Si la première a tout simplement échoué après que des militants de l'opposition ont fait irruption au Parlement, la seconde, quant à elle, a donné lieu à un vaste soulèvement populaire ayant causé des cas de casses, de pillages et d'affrontements entre manifestants et policiers.

Raoul Junior Lorfils

 

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