Mercredi 15 Juillet, 2020

Mois de l’histoire des Noirs : hommage à Toto Bissainthe

L'exposition itinérante multimédia "An'n ale", accueillie, vendredi 7 février, par Haiti Cultural Exchange, basé à Brooklyn./Photo: Fournie par Miléna Sandler.

L'exposition itinérante multimédia "An'n ale", accueillie, vendredi 7 février, par Haiti Cultural Exchange, basé à Brooklyn./Photo: Fournie par Miléna Sandler.

Icône de la musique, chanteuse au parcours auréolé de succès, Toto Bissainthe a reçu en ce mois de février, les hommages de l’organisme à but non-lucratif, Haïti Cultural Exchange, hôte de l’exposition itinérante multimédia « An’n ale », produite par Fondation Haïti Jazz. Cette expo tenue autour de la vie et de l’œuvre de la comédienne éteinte à Port-au-Prince en 1994 est en cours à Montréal, jusqu'au 22 février, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.

On la voit figurer dans le long métrage « L’homme sur les quais » de Raoul Pec. Immense interprète de chants sacrés puisés dans le vaste réservoir du vaudou, autour de nombreux disques dont le monumental « Chants populaire d’Haïti », elle est aussi actrice dans « La tragédie du Roi-Christophe ». Elle est la « seule artiste haïtienne à mener de front une brillante carrière de comédienne et de chanteuse sur la scène internationale », a écrit à son propos Ralph Boncy, grand critique musical. Toto Bissainthe, née en 1934 à Cap-Haïtien, s’est éteint en 1994, à Port-au-Prince après avoir passé « trente ans d’exil artistique, entrecoupé de rares mais spectaculaires retours au pays natal ».

Combat contre l’oubli

Pour que son œuvre ne tombe pas dans l’oubli, la Fondation Haïti Jazz a monté l’exposition « An’n ale » où elle « tente, à travers une vingtaine de témoignages vidéo et une quarantaine de photos de scène, de dresser le portrait de cette femme hors du commun et de retracer son parcours artistique qui l’a menée d’Haïti, à Paris, en passant par l’Afrique, l’Océan Indien, l’Amérique du Nord et la Caraïbes », a fait savoir sa fille Miléna Sandler, jointe par téléphone par Loop Haiti.

Une trentaine de photos d'archives (en noir et blanc), retraçant l'évolution de la comédienne et de la chanteuse sur les scènes internationales./Photo: Fournie par Miléna Sandler.

« An’n ale » a parcouru de nombreuses villes dont Cap-Haïtien, Paris, Fort-de-France, Miami. vendredi 7 février, elle a fait escale à Haïti Cultural Exchange, organisme à but non-lucratif basé au cœur de Brooklyn et qui se donne pour mission de promouvoir la culture haïtienne.

Lire | Haïti Cultural Exchange célèbre sa première décennie à New-York  

L’exposition compile des témoignages vidéo et audio, une trentaine de photos d’archives en noir et blanc qui retracent l’évolution de la comédienne et de la chanteuse sur des scènes européennes, caribéennes, africaines ou d’Amérique du Nord. Toto Bissainthe pèse lourdement dans la mémoire musicale d’Haïti.

 

Poids lourd du théâtre, du cinéma et du chant vaudou

Son apport au théâtre, en France, est considérable. Plus connue sous son chapeau d’artiste-interprète, « Toto Bissainthe a d’abord été une femme de théâtre. Elle a cofondé Les Griots, première compagnie de théâtre noire en France », souffle Miléna Sandler. « C’est quand elle a voulu s’exprimer différemment qu’elle est passée à la chanson, notamment dans les années 70 où elle reprenait des chants populaires d’Haïti », a-t-elle poursuivi.

Elle a ainsi joué dans de nombreux longs métrages (« Les triples au Soleil » de Claude Bernard Aubert, « Haitian Corner » de Raoul Peck) et dans des pièces de théâtre célèbres « La tragédie du Roi Christophe », « Songe que fait Sarah » mise en pièce par Syto Cavé et tournée un peu partout à l’étranger.

De nombreux artistes originaires d’Haïti dont Mélanie Charles, Emeline Michel, Pauline Jean s’étaient rassemblés à New-York en vue de rendre hommage à cette grande dame de la chanson haïtienne par une performance scénique donnée par Riva Précil et Nathalie « Talie » Joachim, en présence de plusieurs autres membres de la diaspora.

Depuis samedi 15 février, l’exposition a débarqué à Montréal. Elle est présentée au centre Saint-Pierre, dans le cadre de Mois de l’Histoire des Noirs, à l’invitation de Gérard Le Chêne, président du festival Vues d’Afrique et ami de longue date de Toto Bissainthe. Il y a vingt ans, ce dernier avait fait nommer la place « Toto Bissainthe » à l’avenue Van Horne, inaugurée en 1997.

 

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