Lundi 17 Juin, 2019

Moins de 500 policiers affectés à la sécurité routière en Haïti

Garnel Michel, intervenant ce lundi à l’émission L’invité du midi de télé Caraïbes, a révélé que moins que 500 agents de la police nationale sont affectés à la sécurité routière pour une population de plus de 12 millions d’habitants. Un ratio irrationnel, selon le consultant national de Stop Accidents.

Haïti est l’un des rares pays de la région qui n’est pas doté d’un corps spécialisé de police routière, a révélé Dr. Michel, indiquant que l’état des routes et des véhicules (non inspectés de manière régulière et systématique), le mauvais comportement des automobilistes et l’absence des agents des forces de l’ordre sur les routes nationales sont autant de facteurs qui expliquent les accidents de circulation.

Selon le consultant national de Stop Accidents, l’État doit prendre ses responsabilités et faire de la question de sécurité une priorité. De nombreuses institutions au sein même de l’appareil étatique doivent se sentir beaucoup plus concernées : ministère des Travaux publics, transports et communications (appelée à respecter les normes de sécurité routière lors des constructions des routes),  Direction centrale de la police routière (DCPR), ministère de l’Éducation nationale qui doit aussi jouer son rôle de sensibilisation et de prévention.

Son analyse est aussi portée sur le phénomène de taxi motos, secteur économique important mais jusqu’ici non régulé et qui, de plus, échappe au contrôle des autorités.  La loi haïtienne ne reconnait pas ce champ d’activité, le parlement n’a pas encore statué sur ce type de transport qui prend de l’ampleur en Haïti, alors que les mairies et l’OAVCT délivrent des papiers d’assurance et des permis de conduire.

M. Michel souligne que la taxi moto est l’une des causes fréquentes d’accident, mais aussi du banditisme et de la criminalité. La police est pourtant peu présente et peine à jouer sa partition, faute de moyens et de ressources.

« Les agents ne peuvent pas être pas présents partout, at-il expliqué. Moins de 500 policiers pour 12 millions d’habitants, le ratio est irrationnel, a-t-il poursuivi.  Ajouté au manque de matériels et de formation, Haïti n’a pas encore un corps spécialisé de police Routière. Il est temps que l’État fasse de la sécurité routière une priorité », a-t-il insisté en fin d’interview.

Entre temps, le dernier bilan communiqué par Stop Accident fait état de 17 morts et 84 blessés recensés suite à une vingtaine d’accidents de circulation entre samedi et dimanche. Le plus récent cas remonte à vendredi 26 avril où cinq personnes dont une fillette ont perdu la vie dans un grave accident survenu à la troisième section communale de Bassin Bleu.

Lire : Cinq morts et huit blessés dans un accident de la route à Bassin bleu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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