Dimanche 18 Août, 2019

Mise en accusation: des dignitaires invités aux fins de renseignements

Une trentaine d’anciens et actuels Hauts dignitaires de l’Etat sont invités à se présenter à partir de ce mercredi 7 août à la Chambre des députés dans le cadre de la séance consacrée à la demande de mise en accusation du président Jovenel Moïse. Ces personnalités sont invitées par les députés accusateurs, à titre de "donneurs de renseignements" dans une procédure qui prendra fin le 13 août.

Dans une correspondance envoyée au président du bureau de la Chambre des députés Gary Bodeau, les signataires de la demande de mise en accusation du chef de l’Etat justifie une fois de plus leur démarche: « Crime de haute trahison ». La mise en accusation s’annonce complexe. La procédure durera près de 8 jours. Du 7 au 13 août prochain, des anciens et actuels Hauts dignitaires de l’Etat défileront dans les couloirs du Parlement, particulièrement à la chambre basse.

Durant le premier jour, les parlementaires initiateurs de la démarche de mise en accusation auditionneront le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) René Sylvestre. Ce dernier sera entendu à titre de donneurs de renseignements sur notamment la libération des étrangers lourdement armés, arrêtes dans la capitale haïtienne puis libérés. Le même jour, l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant, l’actuel chef du Parquet de Port-au-Prince Paul Eronce Villard, les anciens ministres Jean Roudy Aly, Jean Marie Reynaldo Brunet et Edmond Bocchit, répondront eux aussi aux questions des parlementaires autour de l’arrivée, l’arrestation et du transfert de ces étrangers vers les Etats-Unis.

Le 8 août, Michel-Ange Gédéon, directeur général de la PNH, accompagné du directeur central de la police administrative, du directeur de la Brigade des affaires criminelle a la (DCPJ) et le commissaire de police de Port-au-Prince seront auditionnés autour des massacres de Carrefour-feuille, La Saline, Tokyo entre autres. Une rencontre qui se déroulera en présence de plusieurs représentants d’organismes de défense des droits humains parmi eux, Pierre Espérance du RNDDH et Marie Yolène Gilles de la Fondation « Je Klere ».

Le lendemain, soit le vendredi 9 août, les députes accusateurs recevront l’ancien commissaire du gouvernement de la Capitale, Ocnam Clamé Daméus, l’ex-directeur départemental de l’Ouest, Berson Soljour sur le dossier de déguerpissement et de démolition à Pèlerin 5. L’ancien ministre Roosvelt Bellevue, lui aussi sera entendu le même jour, autour de l’affaire des kits scolaires.

Le lundi 12 août, la liste des personnalités sera beaucoup plus longue. L’ancien Premier ministre Jacques Guy Lafontant, l’ex-ministre des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, le ministre démissionnaire Ronald Décembre, le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois… entre autres personnalités qui seront présentes à la Chambre basse pour répondre aux faits de violations des lois de finances, de la loi sur le financement public des partis politiques et sur les activités de la Caravane de changement lancée par le président Moïse.

Durant cette même journée, le sénateur Youri Latortue, le président de la Cour supérieur des comptes Pierre Volmar Demesyeux, les responsables de la commission de passation des marchés publics autour des contrats de location d’hélicoptère et de l’épineux dossier Dermalog. Aussi, le président du CEP, Léopold Berlanger sur les élections indirectes et le financement de la campagne électorale pour des candidats.

Et pour clôturer cette 4e journée d’audition, les députés accusateurs accueilleront le Conseil supérieur des salaires (CSS) sur les arrêtés fixant le salaire minimum de 2017 et 2018. Pour mettre fin à ces séries, le Révérend Père Didi Horace, Curé de la Paroisse de Ganthier, victime de gaz lacrymogène dans le cadre des funérailles des militants assassinés, sera lui aussi auditionné.

« Ce ne sera pas une forme d’interrogatoire. Nous ne sommes pas une juridiction de jugement », admettent les signataires de la demande de mise en accusation du Président Jovenel Moïse. Par cette série d’audition, le député Abel Descollines dit vouloir aboutir à l’administration de la preuve pour renforcer les faits constitutifs de crime de haute trahison.

Pour s’assurer que tout soit clair, l’élu de Mirebalais annonce la mise à disposition d’un document contenant des preuves et argumentaires, pouvant justifier leur motif. Dans ce document d’une trentaine de pages, les députés accusateurs se proposent de détailler toutes les violations faites par le président de la République.

« Il ne s’agit pas d’une démarche politiquement motivée. Ce n’est pas aussi un coup d’éclat dans la perspective de la fin de notre mandat. C’est une démarche scientifique et intellectuelles », explique pour sa part le députe de Grand-Goâve, Jean Marcel Lumérant.

Parallèlement, sur les réseaux sociaux, une campagne de la structure de Petrochallengers Nou Pap Dòmi pour inciter les députés des différentes circonscriptions à voter en faveur de la mise en accusation du président Jovenel Moïse est en cours. 

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