Vendredi 18 Septembre, 2020

Michèle Montas : « Il y avait une solidarité haïtienne énorme après le séisme de 2010 »

Michèle Montas donnant une poignée de main à un officiel haïtien

Michèle Montas donnant une poignée de main à un officiel haïtien

Haïti a commémoré les dix du séisme dimanche 12 janvier 2020. Une date fatidique qui fait ressasser de souvenirs douloureux. Toutefois, l’élan de solidarité qui s’était manifesté entre Haïtiens au lendemain du tremblement de terre, n’était pas passé inaperçu.

« Ce soir-là, je n’ai pas dormi, nous étions tous dans la rue parce qu’on craignait [de nouvelles secousses, ndlr] », explique l’ancienne journaliste Michèle Montas, auréolée d’une carrière internationale sans égale qui l’a conduite aux portes de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban ki-moon devenant ainsi sa Porte-parole. Elle se trouvait, vendredi 17 janvier, au micro de Cristina Silveiro pour ONU Info.

Montas venait de prendre sa retraite internationale fin 2009. Elle rentrait en Haïti pour voir sa famille et profiter de la nature enchanteresse du pays. Elle logeait à Pétion-Ville, quartier huppé situé à une distance de 30 kilomètres de la capitale. « J’étais sur place à Port-au-Prince une semaine avant [le séisme, ndlr] », précise-t-elle.

Le jour de l’hécatombe, 12 janvier 2010 à 16h 53 minutes et 10 secondes, elle planifiait de rencontrer le diplomate tunisien Hédi Anabi et le ressortissant brésilien Luiz Carlos da Costa, deux représentants des Nations-Unies pour la MINUSTAH (Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti) pour un dîner.

« Quand je ne les ai pas vus arriver, je me suis dit qu’ils ont eu un contretemps », témoigne-t-elle, avant qu’elle s’est rendue compte, plus tard, qu’ils périrent dans la cohorte des 102 employés onusiens à l’hôtel Christopher qui servait de quartier général pour la mission.

Montas décrit avec amertume les scènes dont elle fut témoin pendant les heures qui suivirent le drame. « Les gens hurlaient, et priaient parce que pour eux c’était la fin du monde ». « J’ai vu des gens qui arrivèrent couverts de poussière ». C’était l’apocalypse.

Mais le brusque sentiment d’entraide qui s’était manifesté entre les survivants reste encore intact dans l’esprit et la description de Montas. « Il y a une solidarité haïtienne énorme et une solidarité de la MINUSTAH qui était l’organisme sur place et qui avait une structure », a-t-elle fait remarquer. Une réponse soudaine qui prenait tout le monde court.

Derrière l’œil du spectateur, cachait aussi une sympathie démesurée chez la veuve du célèbre journaliste haïtien Jean Léopold Dominique (assassiné le 3 avril 2000). « Ma voiture a servi à transporter des blessés pendant trois à quatre jours », souligne-t-elle.

Michèle Montas a accompagné Ban ki-moon lors de sa tournée marathon à Port-au-Prince après le séisme. Elle revenait aux Nations-Unis à titre de Conseillère spéciale du Représentant spécial des Nations Unies en Haïti. Elle fut l’un des fers de lance du projet « Voix des Sans-Voix » qui visait à faire échos des voix haïtiennes à la conférence du 31 mars 2010 à New York.

« Mais à part les rares personnes qui s’intéressaient à l’avis des personnes interrogées, personne n’y a prêté attention », regrettait-elle après la conférence.

Websder Corneille

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