Mercredi 26 Septembre, 2018

Michel Martelly : Personne ne peut m’empêcher de dire des « betiz »

L’ancien président Michel J. Martelly n’entend pas lâcher du lest. À ses contempteurs systématiques, il leur prévient de ses fermes intentions de rester droit dans ses bottes. Personne ne peut m’empêcher de dire des « betiz », affirme-t-il de manière incisive, avant d’ajouter qu’il détient le droit à la parole, à l’expression libre au même titre que tout le reste de la population.

« Aristide, Lilianne et Cie… ont combattu la dictature des Duvalier pour l’instauration du droit à la liberté d’expression », précise-t-il. À cet effet, « j’en profiterai sans aucune restriction ». Ailleurs, renseigne-t-il, d’autres célébrités ont entrepris des démarches similaires : sculpter leur personnalité dans l’extravagance. En quoi sommes-nous différents ?, se questionne-t-il. « Madona a passé sa vie à exhiber son vagin », illustre l’ex-président au micro du journaliste Guy Wewe.

Apparemment, Michel Martelly ne s’en prend jamais à de simples quidams si l’on tient compte de ses propos. « Moi, j’attaque un système basé sur le bluff, un réseau de la mafia haïtienne », avance-t-il. Et « Je ne m’arrêterai qu’après l’éclatement de ce système. Ses membres veulent me brimer parce que je m’attaque à eux (...) ».  

Aux yeux de Martelly, une forme d’hypocrisie ronge la société haïtienne. « Quand je critiquais Jessie Al-Khal, ils n’ont pipé mot. Est-ce parce qu’elle est mulâtre ? » Donc, c’est une affaire d’identité de la personne, regrette l’ancien président du compas. « Sweet Micky [son groupe] a une ligne depuis sa naissance, et je n’entends lâcher prise pour quiconque. Ensuite, je ne suis pas le seul à débiter des insanités dans le pays, l’Orchestre Méridional des Cayes savait le faire également », argumente l’ancien locataire du Palais national.

De ses paroles qui blessent tant soit peu la pudeur, il reconnait son obligation de capituler parfois. « Ils peuvent toujours me demander de faire attention puisque des enfants me suivent également », avoue le chanteur vedette du groupe Sweet Micky. Là encore, il se targue d’avoir été jusqu’à 2003 un chanteur adulé à juste titre par les enfants.   

Pire, Martelly accuse les parents de décharger leur responsabilité sur le compte d’une autre personne. « À 11h du soir, insinue-t-il, toutes les chaines de télévision se livrent à la diffusion d’images à caractère érotique, sensuel, etc. » Les parents doivent minutieusement s'occuper de leurs progénitures, blâme le chanteur qui prend en exemple les restrictions imposées aux chaines à l’échelle internationale.

En studio actuellement pour enregistrer son meringue qui sera publié à la fin de la semaine, M. Martelly a confirmé son invitation à participer au Carnaval national de Jacmel. « À Jacmel, le comité m’a demandé d’y participer », confie-t-il. Edo Zenny, mon grand ami, promet de manifester si je n’y suis pas, a-t-il ajouté avec sourire moqueur.

Aux Gonaïves, il se croit victime d’un lynchage orchestré par un groupe devenu antipathique à lui à cause d’un bal qui n’a pas eu lieu. « Si on fait appel à moi, je répondrai président », tranche Martelly. « Ils ne peuvent rien contre moi, ils pourraient simplement m’assassiner ».