Dimanche 18 Novembre, 2018

Meurtre de Khashoggi: après les aveux, beaucoup de questions en suspens

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama, à Bahreïn

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama, à Bahreïn

Après les aveux de l'Arabie saoudite dans l'affaire de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, tué à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul, beaucoup de questions restaient en suspens dimanche, auxquelles Ryad était exhorté à répondre.

La confirmation de sa mort est venue, via l'agence de presse officielle saoudienne SPA, du parquet, qui a évoqué une "rixe" dans ce consulat.

Mais ces explications sont loin de satisfaire tous les pays qui se disaient préoccupés du devenir de M. Khashoggi.

- Trump veut "la réponse" -

À un journaliste qui lui demandait s'il était satisfait du limogeage de deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammed ben Salmane, et des 18 arrestations annoncées, le président américain a encore répondu: "Non, je ne serai pas satisfait tant que nous n'aurons pas la réponse".

D'autres pays ont haussé le ton. Le Canada a ainsi jugé samedi soir "ni crédibles ni cohérentes" les explications de Ryad. "Nous réitérons notre appel à une enquête approfondie, menée en pleine collaboration avec les autorités turques", a insisté la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

- Questions "sans réponse" -

"Ces attentes sont d'autant plus fortes que nos deux pays sont liés par un partenariat stratégique qui implique franchise, exigence et transparence", a-t-il aussi relevé.

Ces exhortations diplomatiques interviennent alors que la presse turque a publié ces derniers jours de nouvelles révélations accablantes pour les Saoudiens, selon lesquelles Jamal Khashoggi a été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.