Jeudi 14 Novembre, 2019

May assure qu'elle peut faire passer l'accord de Brexit si l'UE fait un geste

La Première ministre britannique Theresa May passe derrière le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au sommet européen de Bruxelles, où elle est venue chercher de l'aide pour faire passer l'accord de Brexit, le 13 décembre 2018

La Première ministre britannique Theresa May passe derrière le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au sommet européen de Bruxelles, où elle est venue chercher de l'aide pour faire passer l'accord de Brexit, le 13 décembre 2018

Theresa May a assuré jeudi qu'elle pourrait obtenir la ratification de l'accord de Brexit par les députés britanniques, si l'UE offrait la garantie que ce texte n'allait pas "piéger" indéfiniment le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE.

Avant qu'elle ne s'exprime, les dirigeants européens s'étaient dits "prêts à l'aider" en apportant des "clarifications" sur le traité de divorce. Mais ils ont aussi martelé qu'ils excluaient toute solution revenant à renégocier un texte âprement discuté pendant 17 mois.

Un peu plus tôt, elle avait reconnu devant la presse qu'elle ne s'attendait pas à obtenir de "percée immédiate" lors du sommet, mais qu'elle espérait pouvoir "commencer à travailler aussi rapidement que possible sur les assurances nécessaires" avec les autres pays.

Les nouvelles garanties demandées par Mme May concernent le "backstop", cette solution imaginée dans l'accord de divorce pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, qui mettrait en péril les accords de paix sur l'île.

Le problème, pour les "Brexiters", est qu'une telle solution risquerait de maintenir leur pays de manière indéfinie dans au sein d'une union douanière avec l'UE, empêchant Londres de retrouver sa liberté commerciale.

"Nous devons changer le sentiment que le +backstop+ peut être un piège dont le Royaume-Uni ne pourra sortir. Tant que nous ne le faisons pas, l'accord - notre accord - est en péril", a dit jeudi Mme May, sans toutefois entrer dans le détail de la forme que pourrait prendre les garanties qu'elle demande aux 27.

"Nous allons entendre de sa bouche quelles sont ses idées", avait déclaré la chancelière allemande Angela Merkel avant d'entendre Mme May, mais "je pense que l'accord de retrait a été très bien négocié", avait-elle ajouté.

Selon des sources diplomatiques, les Européens ont travailél toute la journée sur un texte à publier dans la soirée pour apaiser les inquiétudes britanniques. Ils pourraient y écrire que le "backstop" ne "serait mis en place que pour une courte période et seulement pour le strict temps nécessaire", selon une version provisoire qui circulait à Bruxelles.

"Nous sommes prêts à offrir des explications, des assurances, des clarifications, tout ce qui pourrait aider les députés britanniques à comprendre l'accord et, espérons-le, à le soutenir", a dit le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. "Mais le +backstop+ n'est pas sur la table" de négociation, a-t-il ajouté.

L'idée serait que l'"on donne quelque chose à May aujourd'hui et en janvier peut-être plus", a expliqué cette même source pour décrire cette stratégie en deux temps.

- Vote en janvier -

Face à la perspective d'un cuisant échec, Theresa May avait annoncé lundi, à la dernière minute, le report du vote sur l'accord prévu le lendemain devant la chambre des Communes, vent debout contre le texte.

Mais une bonne partie de ses collègues (plus d'un tiers) a voté contre elle, laissant présager des difficultés persistantes avec son parlement pour ratifier l'accord sur le retrait britannique, programmé le 29 mars 2019.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :