Vendredi 7 Août, 2020

Marche pacifique des LGBTI en Haïti: Kouraj n'est "pas au courant"

Photo d'illustration: Pierre Michel Jean

Photo d'illustration: Pierre Michel Jean

"Nous ne sommes pas au courant. Et ne nous connaissons pas non plus ce groupe", nous a répondu Charlot Jeudy joint dimanche soir par Loop Haïti.

Sur les réseaux sociaux, une note de presse d'un "Kolektif angaje nasyonal pou pwoteksyon enterè masisi-madivin (KANPE)", circule depuis cet après-midi du dimanche 3 novembre. Le document annonce la tenue à Port-au-Prince, mardi 5 novembre, d'une marche pacifique de la communauté LGBTI en Haïti pour se positionner sur la crise actuelle.

L'objectif de cette manifestation: dénoncer l'incapacité du pouvoir en place à faire respecter les droits de la communauté LGBTI dans le pays, et demander au président de la République Jovenel Moïse de prendre ses responsabilités de chef d'Etat ou de démissionner comme le lui demandent divers secteurs de la vie nationale.

"Nous ne sommes pas au courant de cette marche", nous a répondu ce soir Charlot Jeudy. Le président de Kouraj, principale organisation défendant les droits des LGBTI en Haïti, indique que la structure qu'il dirige ne "connait pas" non plus ce KANPE, le collectif organisateur de la marche annoncée.

Kouraj n'a pas pu entrer en contact avec les membres dudit groupe. Loop Haïti non plus malgré plusieurs tentatives.

"Il pourrait s'agir de tractations" pense le militant homosexuel. Charlot Jeudy souligne que ce serait difficile pour lui et pour un membre de Kouraj, de ne pas connaître ce groupe s'il existait réellement. Mais il attend mercredi pour voir...

Questionné sur le silence de la communauté LGBTI sur la crise qui cadenasse le pays depuis maintenant huit semaines, Jeudy en a profité pour exprimer son adhésion, ainsi que celle de son organisation, à toutes revendications visant la corruption et la mauvaise gouvernance.

"Nous avions d'ailleurs été très présents au début du mouvement des Petrochallengers", rappelle-t-il. "Mais à cause des menaces et insultes dont nous avions fait l'objet, moi personnellement, de la part de certains individus, nous avions dû battre en retraite, par mesure de précaution", dit-il au bout du fil.

Raoul Junior Lorfils

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