Samedi 15 Décembre, 2018

Manifestation d’écoliers : 3 blessés, dont 1 grièvement par balles

Estinvil Frantz Chilo, grièvement blessé par balles.

Estinvil Frantz Chilo, grièvement blessé par balles.

« Nous exigeons des professeurs, ils nous ont répondus par des forces de l’ordre », reprennent en chœur un groupe d’écoliers du Lycée de Sibert de Marin (Croix-des-Bouquets, à 20 minutes du centre de Port-au-Prince, capitale d’Haïti). Ils arborent les couleurs officielles de l’uniforme scolaire unique : chemise et corsage bleu ciel sur pantalon et jupe bleu marine.

 

Depuis hier, les potaches du Lycée de Duvivier de Cité Soleil et ceux de Sibert de Marin se tiennent par le bras pour faire passer leurs revendications similaires. « Nous avons passé les deux derniers mois sans la présence effective des enseignants pour dispenser les cours », explique un lycéen de Sibert, attristé de l’état actuel de ses amis blessés dont Estinvil Frantz Chilo qui souffre sur un lit d’hôpital après avoir atteint d’un projectile.

La première journée des manifestations d’hier s’est terminée sur de violents affrontements avec des agents du Corps d'Intervention et de Maintien d'Ordre (CIMO), affirme-t-il. La police a fait usage de bombe lacrymogène, nous, les écoliers, nous avions lancé des jets de pierres sur eux, admet ce jeune qui côtoie la quinzaine, selon Esdras Claircidor, journaliste de radio Vision 2000.  

Les policiers ont tiré à hauteur d’homme, confirme un enseignant qui veut demeurer dans l’anonymat. Le corps professoral auquel il appartient, dit-il, prévient les autorités éducatives de leur volonté manifeste à rester dans les rues tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites, à savoir leur nomination et le paiement de leurs arriérés de salaire.

Il attaque l’administration Moise-Lafontant qui, dit-il, accuse d’une amnésie. « Pendant le vote du budget (17-18, NDLR), ils faisaient croire que l’éducation a été leur principale priorité. C’était un leurre ».

Entre sueurs, pleurs et évocation, enseignants et élèves chantent l’agonie d’un système éducatif incapable de satisfaire leurs revendications. À Port-de-Paix (Nord-ouest), du même au pareil, ils se regroupent depuis lundi pour observer une trêve de trois jours qui touche à sa fin ce mercredi.

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