Mercredi 18 Septembre, 2019

Manif et répression: l'ONU place la France entre Haïti et le Venezuela

AFP/Archives / CHARLY TRIBALLEAU - Des "gilets jauens" rassemblées le 18 novembre

AFP/Archives / CHARLY TRIBALLEAU - Des "gilets jauens" rassemblées le 18 novembre

L'Organisation des Nations-Unies (ONU) recommande "une enquête approfondie" sur des cas rapportés d'usage excessif de la force lors des manifestations des gilets jaunes en France. Dans un discours de Michelle Bachelet du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l'homme, le pays d'Emmanuel Macron est même cité entre Haïti et le Venezuela.

"La cheffe des droits de l’homme de l’ONU se dit préoccupée par la situation dans de nombreux pays confrontés ces derniers mois à des manifestations contre les inégalités ou une amélioration des conditions socio-économiques", peut-on lire sur le site de l'ONU citant en exemple, la France, où « les "Gilets jaunes" ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme leur exclusion des droits économiques et d'une participation à la vie publique ».

Si Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement français, dit que la France se conformait "aux recommandations toujours utiles" de l'ONU, surtout en ce qui concerne la poursuite du dialogue, il invite néanmoins à "s'étonner tout de même de se retrouver [la France, ndlr] cité dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a eu des morts, des morts nombreux, suite à des manifestations".

"Le niveau d'inclusion économique et démocratique en France est selon les standards de l'ONU un des plus élevés au monde (...) Donc il est bien de voir le verre à moitié vide, c'est votre rôle (de journalistes, ndlr) et moi il est aussi de mon devoir de rappeler que parfois, il peut être vu à moitié plein", a-t-il lancé en réponse à la question d'un journaliste sur le discours de madame Bachelet.

 

Pour sa part, Christophe Castaner, ministre français de l'intérieur, s'est exprimé sur Twitter. "Est-ce bien raisonnable?", a-t-il tweeté, indigné par la comparaison de la France avec Haïti où il y a eu récemment près de deux semaines de manifestations pour dénoncer la vie chère, la corruption et réclamer le départ du président Jovenel Moïse et le Venezuela, où des manifestations se poursuivent dans les rues opposant Nicolas Maduro et le chef de l'Assemblée nationale Juan Guaido.

"La France citée par Michelle Bachelet entre Haïti (41 morts) et le Venezuela (où N. Maduro refuse l’aide humanitaire à son peuple), est-ce bien raisonnable ? Les Français s'expriment chaque jour dans le . Les suspicions de violences policières font l’objet d’enquêtes", a fait savoir le ministre.

Le porte-parole du gouvernement s'est aussi défendu en soulignant qu'"à chaque fois que cela est nécessaire des enquêtes ont été lancées, notamment par l'IGPN. Michelle Bachelet demande une enquête approfondie sur trois cas, il y a 162 enquêtes qui ont été ouvertes à la date du 1er mars".

Il convient de souligner que dans son discours, la cheffe des droits de l'homme de l'ONU s'est penchée sur le cas de plusieurs pays dont Haïti où la répression semble récurrente lors des mouvements de protestation. Elle a soutenu que les même recommandations étaient valables pour Haïti, à savoir: "un dialogue constructif et assurer la reddition des comptes - y compris dans les cas présumés d’usage excessif de la force par la police."

La rédaction avec AFP

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