Mardi 15 Octobre, 2019

Malgré les aléas, le festival Transe Poétique tient rendez-vous

Conférence de lancement du festival. Crédit Photo: Phalonne Pierre Louis/ Facebook Loque Urbaine

Conférence de lancement du festival. Crédit Photo: Phalonne Pierre Louis/ Facebook Loque Urbaine

Le festival Transe Poétique a gardé son mot d’honneur. Les organisateurs n’ont pas capoté face au statu quo ; ils ont bel et bien lancé la première édition ce mercredi 18 septembre, à Prince Hôtel (avenue N prolongée), en présence des partenaires Fokal et IFH, de l’invité d’honneur Jean-Pierre Siméon, de l’illustre supporteur du festival, poète-écrivain Makenzy Orcel, entre autres. Voici en quelques actes le récit partiel de cet évènement qui marquera les esprits les plus tordus tant par ses objectifs que par la volonté des organisateurs à moudre le grain de l’actualité et aller de l’avant.

Dimanche soir, 15 septembre, le festival a annoncé les couleurs avec une photo qui regroupe quelques invités publiée sur la page Facebook de Loque Urbaine, organe instituteur de l’évènement. Le hashtag #BePrepared ou la tendance « feeling love » ont ceinturé l’image qui met en perspective des invités et quelques amis du groupe. On a compris que les invités de l’heure, pour la plupart des étrangers, déambulent déjà dans nos murs.

Puis, vint lundi, 16 septembre. La rareté de carburant et les réactions démocratiques qui s’en sont suivies n’ont pas trop prêté le flanc à la croyance qu’une telle célébration du langage pourrait suivre son petit bonhomme de chemin. Clandestinement, les organisateurs ont gémi et roucoulé sans forcément lâcher prise. Ils ont eu des doutes, et c’est de l’ordre des humains.

Mardi voit apparaitre ses premières lueurs, les maitres du temps ont eu du plomb dans l’aile, l’essence tant attendue fait des grimaces à la population. Démocratiquement, la population a réagi avec des « pèlebrun », cet hymne à la gloire populaire dont ses racines remontent à la suite des élections de 90- la première qui se veut démocratique et populaire, selon la légende.

La journée se réduisait de moins en moins, les voisins commencèrent à s’emparer de leur pot de chambre, avant que le directeur artistique du festival ait abouti à cela : « Notre festival Transe Poétique connait des perturbations pour sa première sortie. L’ouverture de certains lieux qui devaient nous accueillir est peu sure pour demain. Nous avons donc changé de lieux et d’horaire », peut-on lire dans une courte note publiée sur les réseaux sociaux.  

Une nouvelle qui fait transpirer, augmenter la fréquence des battements du cœur par minute. De quoi demain sera-t-il fait ? Qu’adviendra-t-il à Milady Renoir qui a déjà affiché son protocole d’écriture pour son séjour en Haïti qu’elle considère déjà comme une « résidence d’écriture » ? Les questions fusent de toute part, et les réponses s’accaparent de l’incertain.

La nuit fut longue en espérance et écourtée en certitude d’un lendemain meilleur. Un double solstice poétique. On prie. On entrouvre nos yeux. Il y a de ces moments où un mécréant s’empare de Dieu sans le savoir. Sans raviver les plaies, le séisme du 12 janvier 2010- dont on s'apprête à commémorer la première décennie l’année prochaine- en est l’illustre exemple. Certains athées ont été les premiers à se porter aux génuflexions. On a voulu en rire, mais le moment ne s’y prêtait pas à un tel comportement.

Mercredi 18 septembre frappe à nos portes. Le jour n’est pas plus pur que le fond du cœur, pour paraphraser Racine. Le gouvernement a encore menti à la barre, rien n’a été au beau fixe comme le prédisait Jean Michel Lapin, premier des ministres démissionnaires. Toutefois, la population a repris quelques vieilles habitudes, on s’attelle à la barque de la vie comme à l’accoutumée. Plus tard dans la journée, la conférence de lancement de la première édition du festival Transe poétique a bel et bien eu lieu. Sponsors, invités et curieux ont prêté main forte à l’activité et ont fait un gage à la poésie.

Le festival est simplement contraint de changer de lieu, les activités de la journée se sont déroulées toutes dans les jardins de Prince Hôtel. Ce n’était pas prévu, mais cela n’a rien enlevé à la beauté de l’évènement. Sous la direction de Guy Regis Junior, la comédienne Zuma Jasmine Lavertu a performé le texte « Sermons Joyeux » de Jean-Pierre Siméon, invité d’honneur de cette première édition.

Les organisateurs ont réglementent cru que « la poésie sauvera le monde », titre éponyme du festival.

Websder Corneille

Twitter : @webscorneille

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