Samedi 25 Janvier, 2020

Le peso argentin continue sa chute, malgré la perfusion du FMI

Des gens passent devant un bureau de change à Buenos Aires le 30 août 2018

Des gens passent devant un bureau de change à Buenos Aires le 30 août 2018

Confronté à une crise de confiance, le peso argentin a perdu en deux jours près de 20% de sa valeur face au dollar, contraignant la banque centrale à relever jeudi à 60% son taux directeur, l'un des plus élevés du monde.

Jeudi, le peso argentin a enregistré sa plus forte dépréciation en une seule journée depuis que, fin 2015, Mauricio Macri (centre droit) a pris ses fonctions de président, cédant 13,52%.

Des dizaines de milliers de professeurs et étudiants ont également protesté jeudi à Buenos Aires contre les réductions budgétaires imposées aux universités publiques.

Dans un pays où les prévisions annuelles pour l'inflation sont supérieures à 30%, la Banque centrale de la République argentine (BCRA) a pris une mesure forte jeudi en augmentant de 15 points son principal taux d'intérêt, de 45 à 60%, afin d'endiguer la dépréciation de la monnaie argentine.

L'annonce mercredi par le président de centre droit Mauricio Macri d'un accord avec le FMI pour avancer les versements du prêt de 50 milliards de dollars n'aura pas suffi à rassurer les marchés, bien au contraire.

En dépit du marasme économique, le gouvernement se montre confiant quant à l'avenir économique du pays.

"Il n'y a pas d'échec économique, a-t-il affirmé. C'est un changement profond, nous sommes dans la bonne direction".

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2015, le gouvernement Macri a réduit de 6 à 3,9% du PIB le déficit budgétaire. En juin, l'Argentine a encaissé une première tranche de 15 milliards de dollars du prêt consenti par le FMI. En contrepartie de ce prêt, le gouvernement s'est engagé à encore réduire le déficit, avec un objectif de 2,7% en 2018 et 1,3% en 2019.

Le ministre de l'Economie a prédit en début de semaine une récession de l'économie argentine en 2018, avec un recul du PIB de 1%, alors que le gouvernement avait tablé fin 2017 sur 3% de croissance pour cette année.

- Un camouflet pour le président -

Mercredi, Mauricio Macri a essuyé un camouflet à Buenos Aires. Il est intervenu publiquement pour annoncer que l'Argentine demandait au FMI d'accélérer le versement de la deuxième tranche du prêt. Mais les marchés ont réagi négativement.

Dans son plan initial de relance de l'économie, Mauricio Macri tablait sur un afflux d'investissements étrangers dans les infrastructures, l'énergie, qui aurait alimenté la croissance et créé des emplois. L'attentisme des sociétés étrangères, prudentes, a prévalu et la fragile économie argentine s'est trouvée exposée aux turbulences locales et internationales.

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