Mercredi 17 Juillet, 2019

Maduro peut encore tomber, affirme son ex-chef du renseignement

Nicolas Maduro
PHOTO YURI CORTEZ, AFP

Nicolas Maduro PHOTO YURI CORTEZ, AFP

L'ancien chef du renseignement du Venezuela, le général Cristopher Figuera, parti en Colombie après un soulèvement raté contre Nicolas Maduro, est arrivé lundi aux États-Unis et a affirmé que le président socialiste pouvait encore tomber.

« Je suis fier de ce que j'ai fait », a déclaré le général Figuera dans un entretien au quotidien Washington Post, réalisé la semaine dernière à Bogota et publié lundi.

Chef du Sebin, le redouté service de renseignement vénézuélien, il a fait défection juste après le soulèvement raté du 30 avril mené par l'opposant Juan Guaidó.Nicolas Maduro a accusé le général Figuera d'être une « taupe de la CIA ».

« Pour le moment, le régime nous a damé le pion. Mais cela pourrait changer rapidement », a ajouté le général.

Autrefois chef de la sécurité du défunt président vénézuélien Hugo Chavez - mentor de M. Maduro -, il s'est caché pendant deux mois dans la capitale colombienne jusqu'à son arrivée aux États-Unis, selon le quotidien américain.

« Il n'est pas en détention. Il est aux États-Unis, vous savez, en tant qu'homme libre », a confirmé Elliott Abrams, représentant spécial américain pour la crise au Venezuela, à des journalistes au département d'État.

« J'aimerais beaucoup lui parler moi-même. J'imagine que d'autres responsables le voudraient aussi, parce que, de toute évidence, de ce que nous voyons sur ses positions et de ce que nous voyons du (WashingtonPost, il a beaucoup de choses intéressantes à dire au sujet du régime Maduro et de la vie au Venezuela », a-t-il poursuivi.

 

« Entreprise criminelle »

 

Durant cet entretien de douze heures avec le quotidien américain, Cristopher Figuera a formulé de graves accusations de corruption contre plusieurs hauts responsables du pouvoir vénézuélien, y compris des membres de la famille de M. Maduro.

« J'ai rapidement réalisé que Maduro était à la tête d'une entreprise criminelle, avec l'implication de sa propre famille », a affirmé M. Figuera, accusant notamment Nicolas Maduro Guerra - fils du président vénézuélien - de diriger un stratagème consistant à vendre de l'or à prix élevé à la banque centrale du pays.

Il a également affirmé que des cellules du Hezbollah, organisation chiite soutenue par l'Iran et classée terroriste par les États-Unis, opéraient dans plusieurs régions du pays et y levaient des fonds.

Selon lui, l'influence de Cuba est forte à Caracas et M. Maduro parle régulièrement à l'ancien président cubain Raúl Castro : « S'il participait à une réunion, elle était interrompue si Castro téléphonait ».

Concomitamment, l'ex-commissaire de police de Caracas Ivan Simonovis, un prisonnier considéré par l'opposition vénézuélienne comme emblématique, a annoncé sur Twitter qu'il était libre et se trouvait dans la capitale américaine.

« JE SUIS LIBRE ! », a-t-il tweeté avec des photos le montrant déposant des fleurs au pied de la statue de Simon Bolivar à Washington. « Je suis dans la rue grâce aux efforts de nombreuses personnes, mais en particulier des fonctionnaires qui ne sont pas au service de la tyrannie ».

M. Simonovis, condamné à trente ans de prison pour des morts survenues durant le putsch raté d'avril 2002 contre Hugo Chavez (mort en 2013), a quitté le 16 mai la résidence surveillée où il était placé depuis 2014 après dix ans de détention. Il a bénéficié d'une « grâce » de M. Guaidó, qui s'est proclamé en janvier président par intérim avec la reconnaissance de plus d'une cinquantaine de pays.

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