Jeudi 12 Décembre, 2019

Macron s'évertue à convaincre qu'il entend la colère des "gilets jaunes"

Emmanuel Macron, au sommet du G20 Buenos Aires le 1er décembre

Emmanuel Macron, au sommet du G20 Buenos Aires le 1er décembre

L'exécutif s'évertue encore jeudi à convaincre qu'il a entendu et compris la "colère insaisissable et incontrôlable" des "gilets jaunes", à deux jours d'une nouvelle mobilisation qui fait craindre une explosion de violence.

L'Elysée craint "une très grande violence" samedi, a déclaré le palais présidentiel mercredi soir, peu après que le gouvernement avait fait un geste qu'il espère décisif en renonçant "pour l'année 2019" aux augmentations de taxes sur les carburants, ce qui était la revendication à l'origine du mouvement des "gilets jaunes".

Édouard Philippe a également jugé "nécessaire" un débat sur la réforme de l'Impôt sur la fortune (ISF) - que le président Emmanuel Macron exclut de remettre en place.

Le président Emmanuel Macron, cible de toutes les critiques sur les points de blocage, a demandé de son côté solennellement aux partis politiques, aux syndicats et au patronat "de lancer un appel clair et explicite au calme".

L'exécutif redoute avant tout une nouvelle explosion de violences ce week-end, et une extension de la colère à d'autres secteurs, au moment où la FNSEA annonce que les agriculteurs vont eux aussi se mobiliser. Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé pour leur part à la grève à partir de dimanche soir pour une durée indéterminée. La situation est également tendue dans les lycées.

De même source, "on constate une vraie radicalisation de certains +gilets jaunes+, comme on a pu le voir dans les comparutions immédiates depuis lundi mais aussi dans leurs propos. Ils se radicalisent par la violence et politiquement."

Même tonalité auprès de "gilets jaunes" interrogés par l'AFP mercredi sur un rond-point à Augny (Moselle), près de Metz.

Pour Sylvain, 63 ans, militaire retraité, le président "nous prend pour des pigeons, des imbéciles. S'il faut aller le chercher à l'Elysée, on ira. Tant qu'il sera là, ça ne changera pas. C'est un imposteur, un menteur, il nous méprise".

"Je ne sens pas les choses très bien, il y a une émulation révolutionnaire, mais comment les Français lambda vont-ils réagir face à cela ?", a-t-il répondu à l'AFP: Je suis très inquiet, on a des revendications gauchistes, on ne pense plus à celui qui n'a pas assez, on pense à celui qui a trop. Quand je vois que sur des barrages quand une grosse voiture arrive, certains veulent l'arrêter et la cibler plus particulièrement…".

Mercredi, quelques milliers de "gilets jaunes" ont poursuivi leurs actions, en ciblant des dépôts pétroliers, routes et zones commerciales, mais un retour à la normale dans les stations-service en pénurie de carburants est prévu dans les 48 heures.

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