Dimanche 8 Décembre, 2019

Macron lance le grand débat "sans tabou" face à des maires revendicatifs

Emmanuel Macron lance le grand débat devant les maires normands réunis à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2018

Emmanuel Macron lance le grand débat devant les maires normands réunis à Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier 2018

Emmanuel Macron a officiellement lancé mardi le grand débat national en appelant à un dialogue sans "tabou" face à des maires inquiets qui ont témoigné des "fractures" françaises.

Cette première sortie du chef de l'Etat en région depuis un mois se déroule sous haute sécurité : aux cris de "Macron démission", une centaine de "gilets jaunes" s'étaient rassemblés à Grand Bourgtheroulde après avoir réussi à contourner les barrages. Les forces de l'ordre ont fait deux fois usage de gaz lacrymogènes pour les contenir et ont interpellé deux hommes.

Le chef de l'Etat a nommé publiquement pour la première fois les "gilets jaunes" depuis le début de leur mobilisation, il y a deux mois, en estimant que cette crise était "une chance" pour "réagir plus fort" et continuer à réformer plus profondément.

A Grand Bourgtheroulde, Emmanuel Macron a écouté les maires se succéder au micro pour énumérer la longue liste des "doléances" de leurs administrés. "M. le Président, merci de votre démarche. Je vais vous parler du fond du coeur. La France est malade. Il y a une grande souffrance", a témoigné l'un d'eux. Et les élus de citer le pouvoir d'achat, la justice fiscale, le niveau des retraites ou l'affaiblissement des services publics en milieu rural.

"Toutes ces fractures, on les a devant nous, et d'un seul coup, les choses s'effritent", avait expliqué en préambule le chef de l'Etat, citant Jacques Chirac et sa fracture sociale. "Je pense qu'il ne faut pas du tout en avoir peur. Il faut refuser la violence (...) Il faut refuser la démagogie parce que l'addition des colères n'a jamais fait une solution, mais il nous faut construire les voies et moyens de construire des solutions pour le pays".

Les élus ont suggéré plusieurs réformes: baisser la TVA sur les produits de première nécessité, rendre des compétences aux maires...

Le président aura fort à faire pour convaincre nombre d'habitants persuadés de l'inutilité de ce grand débat, qu'ils se disent pro-Macron ou "de tout coeur" avec les "gilets jaunes".

L'enjeu est pourtant crucial pour Emmanuel Macron, qui compte relancer son quinquennat et reprendre l'initiative après deux mois de crise et d'effondrement dans les sondages.

Le débat a été lancé alors que son organisation n'est pas toujours pas finalisée. Deux membres du gouvernement, Emmanuelle Wargon (Transition écologique) et Sébastien Lecornu (Aménagement du territoire), ont été désignés pour en superviser l'animation, ce qui a provoqué les critiques de l'opposition et des "gilets jaunes".

Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré devant les députés que ni le gouvernement ni les deux ministres chargés de l'animer ne se mêleront d'organiser les remontées du débat, qui sera la responsabilité des garants.

Dans les couloirs de l'Assemblée, les députés d'opposition ont dénoncé une nouvelle "petite phrase" d'Emmanuel Macron qui a déclaré à Gasny vouloir "responsabiliser" les personnes en situation de pauvreté car "il y en a qui font bien" et d'autres "qui déconnent".

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