Lundi 9 Décembre, 2019

Macron et Merkel tentent de braver l'euroscepticisme ambiant

Le président de la République Emmanuel Macron et la Chancelière Angela Merkel le 18 novembre 2018 à Berlin

Le président de la République Emmanuel Macron et la Chancelière Angela Merkel le 18 novembre 2018 à Berlin

Angela Merkel et Emmanuel Macron signent mardi un nouveau traité pour renforcer la relation franco-allemande et envoyer un message de soutien à la construction européenne, au moment où elle est affaiblie par la montée des nationalismes.

Le traité doit "compléter" celui dit de l'Élysée signé en 1963 entre le Général de Gaulle et Konrad Adenauer, qui concrétisa la réconciliation franco-allemande après la guerre.

"C'est un moment important pour montrer que le couple franco-allemand est un socle qui peut se relancer (...) au service du renforcement du projet européen", fait valoir la présidence française.

Paris souhaite davantage d'implication de l'Allemagne dans le domaine militaire tandis que Berlin est attaché à sa tradition pacifiste. Les deux pays s'étaient accrochés l'an dernier sur les exportations d'armes à l'Arabie Saoudite.

Dans le traité, la France et l'Allemagne adoptent "une clause de défense mutuelle" en cas d'agression, sur le modèle de celle prévue au sein de l'OTAN. Ils pourront déployer des moyens ensemble en cas d'attaque terroriste ou coopérer sur les grands programmes militaires, à l'image de leurs projets sur les chars ou les avions de combat.

La chancelière et Emmanuel Macron prononceront tous deux un discours dans la prestigieuse mairie d'Aix-la-Chapelle, ville où l'empereur Charlemagne avait installé sa cour, avant de participer ensemble à un "débat citoyen" avec des étudiants des deux pays.

Environ 200 de ces protestataires ont du reste prévu de faire entendre leur voix à Aix-la-Chapelle mardi, en marge des célébrations.

Mais la politologue Claire Demesmay, de l'institut de recherche allemand DGAP, l'affirmation de l'importance de la coopération franco-allemande en pleine "crise existentielle de l'intégration européenne, avec le Brexit et la poussée attendue des forces nationalistes aux prochaines élections européennes (...) a valeur de symbole".

Ce symbole ne fait pas l'unanimité. C'est un nouveau "petit coup en douce" du président de la République qui va aboutir à faire s'"effondrer la puissance de notre pays", a jugé la dirigeante de l'extrême droite française Marine Le Pen.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi dénoncé lundi "le recul de notre souveraineté" et s'est inquiété de voir "moins de services publics et d'investissements publics, des baisses de salaire, la chasse des chômeurs".

En Allemagne, le dirigeant de l'extrême droite Alexander Gauland a accusé lundi Paris et Berlin de vouloir avec le traité créer "une super-UE" à l'intérieur de l'Union européenne.

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