Jeudi 29 Octobre, 2020

L'UE fait barrage à la tentative de May de renégocier le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May devant les députés, le 29 janvier 2019 à la Chambre des communes, à Londres

La Première ministre britannique Theresa May devant les députés, le 29 janvier 2019 à la Chambre des communes, à Londres

L'Union européenne a rapidement fait barrage face aux velléités de la Première ministre britannique Theresa May, ragaillardie par l'appui de son parlement, de rouvrir les négociations sur l'accord de divorce.

Le porte-parole du président du Conseil européen Donald Tusk, avec lequel Mme May doit s'entretenir en fin d'après-midi, a fait preuve de cette même fermeté juste après le vote du parlement britannique en faveur de nouvelles négociations, appuyé par les deux poids-lourds de l'UE, la France et l'Allemagne.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier étaient attendus sur le sujet mercredi après-midi au Parlement européen.

Mardi soir, les députés britanniques ont voté un amendement déposé par le conservateur Graham Brady, demandant à trouver des "arrangements alternatifs" aux dispositions relatives au "backstop" qui vise à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

Si l'adoption de l'amendement était considérée mercredi comme une victoire par les tabloïds britanniques, l'UE semble loin d'être prête à accepter une requête qu'elle a déjà repoussée à plusieurs reprises.

Selon lui, les craintes d'un divorce brutal vont forcer les dirigeants européens à accepter de nouvelles négociations à moins de deux mois du Brexit, prévu pour le 29 mars.

"C'est comme dire au cours d'une négociation : +eh bien soit vous me donnez ce que je veux, soit je saute par la fenêtre+", a réagi le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney au micro de la radio RTE.

Et le Parlement européen, qui a déjà clairement fait savoir qu'il ne ratifierait pas un accord de retrait sans la présence du filet de sécurité irlandais, ne l'entend pas non plus de cette oreille.

"Dire qu'on est contre le backstop, c'est comme dire qu'on est contre le mauvais temps. On peut dire qu'on est contre mais on ne peut pas l'empêcher", a répliqué de son côté Philippe Lamberts, un eurodéputé Verts et membre du groupe sur le Brexit.

"Il est clair qu'il n'est pas question" d'apporter des modifications aux "arrangements trouvés avec le Royaume-Uni" : "La question c'est : est-ce que du côté de la Chambre des Communes, ils sont prêts à se contenter d'arrangements cosmétiques", a-t-il ajouté.

C'est à ce scénario que se préparait mercredi le patronat britannique.

Mme May s'est engagée à faire voter un accord remanié "dès que possible". Dans le cas où elle n'obtiendrait pas cet accord d'ici au 13 février, elle a annoncé son intention d'organiser un vote le 14 février pour laisser les députés s'exprimer sur ce qu'ils veulent.

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