Lundi 28 Septembre, 2020

Lovely Borgard, victime du 12 janvier, danseuse malgré tout

Lovely Borgard, ancienne étudiante en comptabilité, unijambiste, et danseuse à l'école de danse "Syla danse Académie"

Lovely Borgard, ancienne étudiante en comptabilité, unijambiste, et danseuse à l'école de danse "Syla danse Académie"

Le dimanche 12 janvier 2020 ramènera la commémoration des dix ans du passage du séisme en Haïti. Dix ans après, alors que certaines familles pleurent encore le départ de leur proche, quelques-uns en ont survécu, et d'autres reprennent du mieux qu'ils le peuvent leurs activités habituelles, au-delà de certaines limites que leur a imposées cette catastrophe. Lovely Borgard, qui a perdu l'une de ses jambes suite au tremblement de terre, raconte comment elle a poursuivi avec ses activités de danse qui requièrent ordinairement l'usage des deux jambes. Entre le désespoir des premiers jours et la force de continuer, Lovely Borgard continue de vivre à fond sa passion pour la danse.

Âgée de 27 ans, Lovely prenait des cours en comptabilité quand elle a perdu sa jambe gauche. Enlevée sous les décombres, elle a vite été soignée pour ensuite perdre sa jambe quelques jours plus tard. Une expérience qu'elle a sans conteste mal vécue. La jeune femme a dû apprendre à vivre avec cette déficience qu'elle a pris du temps à accepter, et qu'elle n'a pas voulu accepter au départ. En effet, Mlle Borgard a eu parfois envie de tourner le dos à la vie. « Li pa t fasil pou m gade m ki te gen de pye m, ki te konn fè tout deplasman m byen pwòp, epi kounya pou m gen difikilte sa », raconte Lovely. Cette limite dans sa mobilité l'a empêché de reprendre goût à ses activités, particulièrement la danse.

Lovely, reconnaissante envers les bienfaits de la thérapie

Pour parvenir à surmonter sa déficience et apprendre à marcher en n'ayant qu'une jambe, Lovely a dû avoir recours à des séances de thérapie au cours desquelles elle a fait la rencontre d'autres déficients : des aveugles, des amputés, des manchots... Ces rencontres ont participé à redonner un regain d'espoir à la jeune femme qui avait dû mettre un terme à ses cours de comptabilité.« Lè m ap gade moun sa yo ki te toujou ap ri alòske yo te gen rezon pou yo ta kriye, m te di tèt mwen pa t gen rezon pou m pa t kontinye viv », continue Lovely. 

Contre toute attente, Lovely s'est remise sur pied, (le seul qu'il lui restait), et a décidé de recommencer à danser. Réintégrant l'école de danse "Syla Danse Académie", munie de ses béquilles, elle exécute avec toute la dextérité que lui permet sa jambe et ses supports, les pas de danse du folklore haïtien. Lovely Borgad parcourt à présent tous les lieux. Avec un motard à son service, quand elle veut se déplacer, elle n'a qu'à prendre avec elle ses deux béquilles et vaquer à ses activités quotidiennes.

Aujourd'hui, Lovely Borgard s'adresse à tous ceux et celles qui souffrent d'une déficience due au passage du séisme, ou autre, pour leur insuffler ce même souffle de vie et d'espoir afin d'aller au-delà de leur limite. La jeune femme compte reprendre sous peu ses études et souhaiterait que ses pairs reprennent eux aussi le train-train de leur vie quotidienne.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :