Vendredi 24 Janvier, 2020

L’opposition lance une opération baptisée « Chache Jovenel Moïse... »

« Ce n’est  pas normal qu’un président qui ne dirige rien décide d’être en fuite au lieu de jeter l’éponge. Nous, le peuple, nous allons fouiner pour le trouver », indique le sénateur de l'opposition, Youri Latortue, ancien allié de Jovenel Moise.

Après plus de deux semaines  de l’opération « Pays lock » sans obtenir la démission du président de la République Jovenel Moïse, l’opposition n’entend pas lâcher prise. Elle appelle au nouveau blocage du pays jusqu’au départ du chef d’Etat. Une nouvelle semaine de manifestations est annoncée à partir de ce lundi 30 septembre 2019 à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province toujours dans l’objectif de contraindre le locataire du palais national à la démission.

Lors d’une conférence de presse, dimanche 29 septembre à l’Hôtel Oloffson, André Michel prenant la parole au nom de l’opposition dite institutionnelle appelle au renforcement des barricades à travers les rues des différentes villes du pays. « Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, barricadez, manifestez, occupez le macadam jusqu’à l’installation du gouvernement de transition», exhorte l’ancien candidat à la présidentielle de 2015, invitant d’autres membres de la population qui ne manifestent pas et les propriétaires de véhicules à rester chez eux pour éviter d’être victimes.

De son côté, le sénateur Youri Latortue appelle à une opération baptisée « Recherchons Jovenel Moise quel que soit le lieu où il se trouve » (Chache Jovenel Moise kèlkeswa kote li ye). « Ce n’est  pas normal qu’un président qui ne dirige rien décide d’être en fuite au lieu de jeter l’éponge. Nous, le peuple, nous allons fouiner pour le trouver », indique l’élu de l’Artibonite, ancien allié de Jovenel Moise.

Youri Latortue rejette, par ailleurs, toute possibilité de répondre à l’appel au dialogue lancé par le chef d’Etat dans son adresse nocturne à la nation, semaine dernière.

Où est le président ?

Une rumeur laissait croire que Fred Brutus, président directeur général de C3 Éditions, aurait hébergé chez lui à Laboule le chef de l'État Jovenel Moïse. "Cette information est grossièrement mensongère au motif que Fred Brutus n'habite pas ni n'a de résidence à Laboule et qu'il n'a aucun lien avec le président de la République". C'est ce qu'on peut lire dans une note de protestation diffusée par la maison d'édition sur sa page Facebook. 

C3 Éditions veut couper cours à la rumeur, car depuis l'annonce des manifestations violentes du 27 septembre, des rumeurs laissait croire que le chef de l'État Jovenel Moïse se serait mis à couvert chez des personnalités de renom. Patrick Moussignac, PDG de Radio Télévision Caraïbe, et Fred Brutus, également ancien candidat à la présidence, figuraient sur la de ceux qui auraient prétendument hébergé le président.

Toujours selon la note de protestation, pour la Maison d'édition et son Patron, cette rumeur aurait aussi comme objectif d'empêcher toute concurrence dans l'attribution des marchés publics d'édition de livres à l'intention des élèves des écoles publiques. Aussi pour sauvegarder l'intégrité physique de son président directeur général et de ses biens, C3 Éditions crie "Non à la diffamation".

Le contexte actuel est explosif, 48 heures après une série de manifestations violentes à travers le pays, l'opposition annonce la reprise des mobilisations pour demain lundi 30 septembre.

Selon Youri Latortue, les manifestants iront chercher le président qui, selon l'opposition, se cache ou serait en cavale. Aussi, Youri Latortue, André Michel et consorts, qui avaient pourtant juré d'obtenir la démission de Jovenel Moïse depuis vendredi 27 septembre, promettent la fureur populaire à quiconque hébergeait le chef de l'État.

Jésula Simon et Alexandre Michel

  

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