Vendredi 21 Septembre, 2018

L'ONU "inquiète" de l'intervention des militaires à Rio

Photo du général en charge de l'intervention militaire à Rio de Janeiro Walter Souza Braga Netto, à Brasilia.
L'ONU s’inquiète de la décision controversée du gouvernement brésilien de confier à l'armée le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio de Janeiro. AFP

Photo du général en charge de l'intervention militaire à Rio de Janeiro Walter Souza Braga Netto, à Brasilia. L'ONU s’inquiète de la décision controversée du gouvernement brésilien de confier à l'armée le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio de Janeiro. AFP

Genève, 7 mars 2018 (AFP) - Le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a manifesté mercredi son "inquiétude" face à la décision controversée du gouvernement brésilien de confier à l'armée le commandement des forces de sécurité de l'Etat de Rio de Janeiro.

"Je suis inquiet de l'adoption récente d'un décret qui donne aux forces armées l'autorité de combattre le crime dans l'Etat de Rio de Janeiro et place la police sous le commandement de l'armée", a affirmé Zeid Ra'ad al Hussein devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

"L'armée n'est pas spécialisée dans la sécurité publique ou dans les enquêtes", a-t-il souligné.

Le décret en question, intitulé "intervention fédérale", a été pris le 16 février par le président conservateur Michel Temer pour tenter d'endiguer une escalade de la violence à Rio.

Trois semaines plus tard, les contours exacts de la stratégie adoptée par l'armée restent flous.

De nombreuses critiques ont fusé, plusieurs ONG craignant notamment des violations des droits de l'homme dans ce pays qui était encore sous le joug d'un dictature militaire il y a une trentaine d'années.

"Je déplore le fait que des militaires de haut-rang aient réclamé des mesures pour obtenir une amnistie préventive pour des soldats qui commettraient des violations des droits de l'homme", a ajouté le Haut-commissaire.

Une loi d'octobre 2017 stipule que des soldats ayant commis des crimes contre de civils doivent être jugés par des tribunaux militaires.

Le haut-commissaire a également demandé que le gouvernement brésilien "s'assure que les mesures de sécurité respectent les droits de l'homme et que des mesures soient prises pour empêcher le profilage racial et la criminalisation des pauvres".

Lors des premières opérations des forces de sécurité commandées par l'armée, des soldats ont été vus en train de prendre des photos d'habitants de quartiers pauvres à l'aide de leurs téléphones mobiles et ont été accusés de les "ficher".

"Il n'y a pas de fichage, juste des contrôles pour voir si l'individu fait objet d'un mandat d'arrêt", s'est justifié sur la chaîne Globonews le général Walter Souza Braga Netto, chargé du nouveau dispositif de sécurité de Rio.

"Lors des opérations précédentes que nous avons menées, il n'y a pratiquement pas eu d'affrontements", a conclu le général.

Mercredi matin, l'armée est intervenue dans la favela de Vila Kennedy, dans la zone ouest de Rio, 900 militaires étant mobilisés avec des blindés.

Ils avaient notamment pour mission de dégager les voies de circulation obstruées des narcotrafiquants à l'aide de lourds obstacles, parfois même du béton, pour empêcher le mouvement des forces des sécurité.

lg/pt/mra