Mercredi 17 Juillet, 2019

L'OEA ouvre la voie à la suspension du Venezuela

L'initiative, adoptée par 19 voix pour, 4 contre et 11 abstentions, déclare illégitime la réélection de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela et appelle à un processus qui pourrait conduire à la suspension de ce pays de l'OEA.
(crédit photo : AFP)

L'initiative, adoptée par 19 voix pour, 4 contre et 11 abstentions, déclare illégitime la réélection de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela et appelle à un processus qui pourrait conduire à la suspension de ce pays de l'OEA. (crédit photo : AFP)

 L'assemblée générale de l'Organisation des Etats américains (OEA) a approuvé mardi à Washington une résolution promue par les États-Unis qui ouvre la voie à une éventuelle suspension du Venezuela de l'organisation.

L'initiative, adoptée par 19 voix pour, 4 contre et 11 abstentions, déclare illégitime la réélection de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela et appelle à un processus qui pourrait conduire à la suspension de ce pays de l'OEA.

Le Secrétaire général de l'organisation, Luis Almagro, un sévère critique de Nicolas Maduro, a salué le vote comme "une étape clé dans la lutte pour la démocratie".

Le texte, critiqué par Caracas comme un "acte d'ingérence" dans le cadre d'une "campagne criminelle" du gouvernement américain, a été rejeté par le Venezuela, la Bolivie, Saint-Vincent-et-les Grenadines et la Dominique.

La plupart des pays des Caraïbes, alliés traditionnels de Caracas qui leur vend son pétrole à des conditions très favorables, se sont abstenus, de même que l'Équateur, le Nicaragua, le Salvador et l'Uruguay.

L'adoption de cette résolution, qui, en plus de faciliter le "rétablissement de l'ordre démocratique", vise à résoudre la crise humanitaire au Venezuela, peut entraîner la suspension du pays de l'OEA, mais pas dans l'immédiat.

Pour suspendre un État membre, les deux tiers des voix sont requises lors d'une assemblée générale extraordinaire, dont la convocation requiert également 24 votes.

La suspension, si elle se concrétisait, ne pourrait être que symbolique, puisqu'en avril 2017, le Venezuela a demandé son retrait de l'OEA, un processus qui prend deux ans.

"Le Venezuela se retire de cette organisation parce qu'elle n'aide en aucun cas les peuples des Amériques. Ce qu'elle fait, c'est générer des conditions pour l'interventionnisme, y compris l'interventionnisme militaire", a déclaré le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza, embrassant le drapeau de son pays.

Le Venezuela est le premier membre de l'OEA à demander à se retirer volontairement de l'organisation en 70 ans d'existence. Cuba ne l'a même pas demandé, même si son adhésion a été suspendue entre 1962 et 2009.

L'assemblée générale de l'OEA a par ailleurs adopté un texte condamnant la violence qui secoue le Nicaragua depuis près de deux mois, et qui a fait plus d'une centaine de morts, mais sans tenir le gouvernement de Daniel Ortega pour responsable de la répression des manifestants.

La déclaration appelle à "la cessation immédiate des actes de violence, d'intimidation et de menaces dirigées contre le grand public". Elle appelle également le gouvernement et les autres acteurs sociaux à "s'engager de manière constructive dans des négociations pacifiques pour renforcer les institutions démocratiques et la tenue d'élections libres, justes et opportunes".

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