Lundi 22 Juillet, 2019

L'OEA appuie Moïse et propose une commission d'audit sur Petrocaribe

Jovenel Moïse, en 2017/ Photo: AFP

Jovenel Moïse, en 2017/ Photo: AFP

Un point pour Jovenel Moïse à qui l'Organisation des Etats Américains vient de renouveler le soutien. Le chef de l'Etat a rencontré mercredi la délégation de l'OEA venue en Haïti en vue d'aider à trouver une solution à la crise actuelle. Le message des émissaires est clair: pas de départ prématuré pour le président à qui ils demandent par contre, de commencer à gouverner convenablement.

Le président Jovenel Moïse avait annoncé mercredi via un tweet avoir rencontré les représentants de l'OEA dans le cadre de leur visite en Haïti, mais c'est via le Miami Herald qu'un officiel de l'OEA a révélé les deux messages de l'organisation aux différents acteurs impliqués dans la crise que connaît le pays. Aux opposants, le message est le suivant: "Si vous n’aimez pas Jovenel Moïse, la solution est d'aller aux élections. Nous n’allons pas lui demander de démissionner ». Et voici le message adressé au président: « Vous devez gouverner, et maintenant, ce n'est pas ce que vous faîtes ».

Le chef de l'Etat n'a pas vraiment d'objection à ce sujet, mais plutôt des préoccupations à exprimer, dont le problème de la majorité au Sénat de la République, où quatre sénateurs bloquent depuis des semaines le processus de ratification de la politique générale de son Premier ministre nommé Jean Michel Lapin. "Vous n'avez pas besoin d'une majorité absolue", lui ont répondu les représentants de l'OEA, selon le Miami Herald.

D'autre part, la délégation, dont la présence en Haïti avait été sollicitée par le ministre des Affaires étrangères et des cultes, Bocchit Emond, a proposé au président de constituer une commission d'experts internationaux en matière de finances pour contribuer à faire la lumière sur l'affaire Petrocaribe, déterminer le montant exact des fonds volés de ce programme vénézuélien et fixer les responsabilités. Ce à quoi Moïse a donné son accord, ce dernier insistant sur le fait qu'il n'a "rien à cacher", toujours selon le journal américain. 

Ni chaud, ni froid 

Il faut faire sortir que durant sa courte visite, la délégation de l'OEA a rencontré d'autres acteurs de la société civile, des partis politiques dont l’OPL, la Fusion et l’ex-président du Sénat, Kelly C Bastien. Pas de membre du secteur privé. Le Miami Herald souligne aussi qu'aucun membre de Nou pap Dòmi, les Petrochallengers à l'origine de la journée de mobilisation du 9 juin n'a pris part à ces rencontres. Les quatre sénateurs de l'opposition non plus, selon Antonio Chéramy contacté ce matin par notre rédaction. 

"Pendant qu'ils rencontraient ces gens, nous on organisait le dialogue interhaïtien", soutient Chéramy. Il indique que la position de l'OEA, "qu'elle aurait pu prendre sans se déplacer", ne changera rien à leur plan de faire tomber le président Jovenel Moïse. "Nous avons décidé de ne plus recevoir d'ordres des blancs", a-t-il dit lors d'un court entretien téléphonique avec Loop Haiti.

La position de l'OEA ne nous fait ni chaud ni froid, rassure le sénateur de l'Ouest qui réitère le rendez-vous de ce jeudi 20 juin. Rendez-vous lors duquel les sénateurs de l'opposition présenteront, après rencontres avec d'autres acteurs, un plan devant mener au remplacement de l'actuel chef de l'Etat, jugé "incapable de diriger le pays" et accusé de corruption dans le dernier rapport de la Cour des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). 

Raoul Junior Lorfils 

 

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