Samedi 17 Août, 2019

L'Iran sourd aux appels à libérer un pétrolier battant pavillon britannique

Une photo obtenue de l'agence de presse iranienne Tasnim le 20 juillet 2019, montrant le pétrolier battant pavillon britannique ancré au port de Bandar Abbas (sud de l'Iran) après sa saisie par l'Iran

Une photo obtenue de l'agence de presse iranienne Tasnim le 20 juillet 2019, montrant le pétrolier battant pavillon britannique ancré au port de Bandar Abbas (sud de l'Iran) après sa saisie par l'Iran

L'Iran restait samedi sourd aux multiples appels à libérer un pétrolier battant pavillon britannique arraisonné dans le détroit d'Ormuz, le Royaume-Uni convoquant le chargé d'affaires iranien et appelant les navires britanniques à éviter ce passage maritime stratégique.

Cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar (extrême sud de l'Espagne) de prolonger de 30 jours la détention d'un pétrolier iranien arraisonné le 4 juillet par les autorités de ce territoire britannique, et soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européennes contre Damas. L'Iran a nié cette accusation et dit qu'il riposterait à cet acte de "piraterie".

"C'est l'Iran qui garantit la sécurité du Golfe persique et du détroit d'Ormuz. La Grande-Bretagne doit cesser d'être un auxiliaire du terrorisme économique des Etats-Unis", a ajouté M. Zarif en allusion aux sanctions économiques rétablies par Washington après son retrait unilatéral de l'accord nucléaire en 2018.

Le chargé d'affaires iranien à Londres a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, et le Royaume-Uni a recommandé aux navires britanniques de rester "en dehors de la zone" du détroit d'Ormuz pour une "période provisoire".

"Dans une situation déjà tendue, ce développement alimente les risques de nouvelle escalade", a estimé le service de la diplomatie de l'UE en exprimant sa "profonde préoccupation".

Selon Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan, cité par l'agence Fars, le Stena Impero est "entré en collision avec un bateau de pêche" qui a "contacté le pétrolier mais n'a pas reçu de réponse".

Le responsable iranien, cité ensuite par l'agence ILNA, a indiqué qu'une "autre raison" pour la saisie du pétrolier est qu'"il a continué sa route pendant un moment avec son transpondeur éteint".

Les autorités indiennes, philippines et lettones ont demandé à l'Iran de libérer leurs ressortissants.

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au coeur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis qui y ont renforcé en mai leur déploiement militaire en arguant de "menaces iraniennes" non précisées.

Ces dernières 24 heures ont été marquées par une polémique à propos d'un drone "iranien" que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. Mais l'Iran a démenti affirmant n'avoir perdu aucun drone.

Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les Etats-Unis à l'Iran qui a démenti. Et elles ont atteint un pic le 20 juin avec la destruction par l'Iran d'un drone américain. M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles.

Cela "aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et intérêts dans la région", a indiqué le commandement central des forces américaines, alors que Washington cherche à mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le détroit d'Ormuz.

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