Mardi 29 Septembre, 2020

OPINION- Intégration des handicapés, facteur incontournable pour Haïti

L’intégration des handicapés, facteur incontournable pour Haïti

L’intégration des handicapés, facteur incontournable pour Haïti

Toute société empruntant la voie de la modernisation et du développement durable doit indubitablement considérer l’intégration de tous ses acteurs de la vie sociale. Une telle intégration nécessite un conditionnement de normes structurels tant qu’infrastructurels. En effet, des organismes mondiaux se sont partout engagés de plain-pied contre tous concepts de préjugés et stéréotypés à l’ endroit des handicapés. En Haïti, les avancés sont à peine visibles, beaucoup d’efforts restent à faire.  

La société postmoderne se nourrit de l’intégration sociale pour accroitre son mode de développement. De ce fait, elle exige qu’un humain ne doit plus être l’objet de discrimination ethnique, physionomique, de genre, de religion, etc. Les organismes humanitaires tentent à tout prix de réduire, voire éliminer, tout clivage nuisible aux rapports humains. Un homme ou une femme à mobilité ou capacité réduite ”handicapé ” ne peut être en aucun cas considéré(e) comme une dixième ou une tierce personne.

L’article premier des lois universelles stipulent que tout les êtres humains sont nés libres et égaux en dignité et en droit. Ces lois furent rédigées à la fin du XIXème siècle au moment où l’Europe prenait conscience de son ethnocentrisme. Tenant compte du progrès que procure cette égalité grâce à l’intégration, les acteurs sociaux s’engagent dans des cadres beaucoup plus spécifiques et détaillants.

Que ce soit en France (loi du 30 juin 1975 réformée le 11 février 2005) ou en Haïti (13 mars 2012), ces lois impliquent les conditions et privilèges que devraient jouir tout être humain. Elles portent cependant une attention particulière à ceux des personnes vivant avec une déficience. Aujourd’hui des programmes spéciaux sont conçus à la scolarisation de ces derniers, les infrastructures tiennent compte des voies et accès pour handicapés, les personnes déficientes sont employées dans des entreprises publiques et privées.

Le cas d’Haïti

Haïti peine encore à lancer une véritable politique d’intégration et d’accompagnement sociale pour les handicapés. Le terrifiant séisme du 12 janvier 2010 a porté le nombre d’amputés, déjà négligés, de 800 000 à 1 200 000 (SOS ESF-5 novembre 2012). La seule action menée par les autorités est le vote de cette loi précitée. S’il en existe d’autres, elles sont toutefois moins apparentes. L’Ecole Saint-Vincent reste, dans ses situations précaires, la seule école spécialisée dans la formation et l’éducation des personnes handicapées. Des organismes humanitaires se battent pour que les constructions infrastructurelles publiques tant que privées considèrent ces derniers.

Une telle intégration sociale exigerait aussi l’exclusion d’un langage stigmatisant qui démontre la vision erronée de l’haïtien face aux handicapés. Aussi, des propos blessants qui peuvent ulcérer l’âme humaine ne devraient-ils pas être bannis du créolisme ?  Comment des termes comme : Kokobe, egare, je twèt, petevi, etatad, kòkòb, bègwè, etc. peuvent perdurer dans une société qui se tend vers un développement permanent ?

Une personne soit à mobilité ou à capacité réduite est un élément incontournable au développement durable. En Haïti comme ailleurs certains handicapés se sont autant prouvés dans les domaines sociales que les personnes jugées ”normales”. Béken*, Steve Wonder, Ray Charles, Hellen Keller, etc. Si nous tenions à les citer notre liste serait en effet jugée trop longue, même interminable.

Une affaire de tous

Toute personne quelle qu’elle soit devrait être motivée par l’idée d’intégrer pleinement les handicapés dans la vie active. Car, une infirmité ou une malformation peut survenir à n’importe quel moment de la vie. Elle peut être la suite d’un accident ou d’une maladie, toujours imprévisible.

L’intégration sociale se révèle un organe plus qu’important et consistant pouvant accélérer la croissance du développement pour lequel nous nous battons. Aujourd’hui, il est indéniable qu’aucune manœuvre sociale ne peut se réaliser sans la participation des personnes handicapées. Autant que nous pensons à l’intégration sociale de beaucoup de secteurs jugés apparents, nous devrions aussi penser à ces derniers.

Hadson A. Albert

Kokobe, egare, je twèt, petevi, etatad, kòkòb, bègwè: Termes courants et stigmatisants dans la langue créole qui identifient les handicapés.

Béken :  Artiste auteur, chanteur et compositeur haitien

Ce texte a remporté, en 2014, le 1er Prix du concours annuel réalisé par le Bureau du Secrétaire d'Etat à l'Intégration des Personnes Handicapées. 

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