Lundi 24 Février, 2020

"Limyè": Nègès Mawon rend hommage à Manno Charlemagne

Crédit Photo: Jého Nephté Abraham

Crédit Photo: Jého Nephté Abraham

En guise de dernière activité pour cette troisième édition, le festival féministe, Nègès Mawon a rendu hommage émouvant à la voix et à la guitare de Manno, au restaurant Yanvalou le samedi 29 septembre. "Limyè", mis en scène par Gaelle Bien-Aimé transpire le répertoire subversif d'un artiste qui a tenu allumé, le flambeau d'une révolution qui tarde encore venir.

L'idéal serait que Manno assiste à ce spectacle. Lui qui avait donné son feu vers pour la réalisation de "Limyè", s'est éteint l'an dernier. La mort a des rigueurs à nulle autre pareille, disait François de Malherbe.

"Limyè" est une représentation vivante de l'œuvre de Manno, empreinte de dénonciations et de complaintes. Les atrocités du capitalisme, de l'impérialisme, les injustices, les préjugés, les inégalités, un tableau de la société haïtienne, à travers des chansons et des textes, articulés en trois actes.

Le féminisme, est avant tout un combat pour le respect du droit de la personne, le repète souvent Pascale Solages, l'une des instigatrices du festival. Le dernier spectacle de "Rèv Boukannen" a transcendé la cause de la femme haïtienne, pour épouser un humanisme, retrouvé naturellement dans la poésie de Joseph Emmanuel Charlemagne.  

 

Des voix soul qui rappellent le negro spiritual, dans une harmonie assurée par Charline Jean Gilles, Néhémie Bastien, Vanessa Jeudi, Pascale Regis, Banacheca Pierre, interpretent " Le mal du pays", Dwa delom, Y a bezwen mwen", et des rites traditionnels, agrémentés du texte bien ficelé de Gaëlle Bien-aimé et des percussions de Marc-Harold Pierre dit Marco. 

Emotions fortes, une toute petite dose d'humour, et par surprise l'épineuse question " Kot kob la?", lancée par Gaëlle à la fin du deuxième acte. C'est en effet l'engagement de l'artiste qui l'a sans doute amené à cette initiative.

Hommage, mais surtout une soirée qui agite les consciences, jusqu'à quelques larmes, sur les notes mélancoliques de "Banm yon ti limyè"

Ovation debout pendant près d'une minute en fermeture de rideau, pour Manno, pour Nègès Mawon, pour Gaëlle, pour ce festival et ce spectacle qui mérite d'être joué à nouveau.

 

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