Samedi 28 Mars, 2020

Ligue des champions: l'Atalanta et la C1, divine idylle

Les joueurs de l'Atalanta ont créé la sensation en dominant Valence en 8e de finale aller de la Ligue des champions à San Siro, le 19 février 2020

Les joueurs de l'Atalanta ont créé la sensation en dominant Valence en 8e de finale aller de la Ligue des champions à San Siro, le 19 février 2020

Première participation et premier 8e de finale géré avec maestria mardi à l'aller contre Valence (4-1): l'Atalanta Bergame et sa bande d'improbables héros poursuivent leur histoire d'amour avec la Ligue des champions et peuvent désormais croire aux quarts.

"On ne se met pas de limites", a d'ailleurs reconnu après la partie le petit attaquant argentin Alejandro "Papu" Gomez, capitaine et seul joueur "vedette", avec Josip Ilicic (auteur du deuxième but), du groupe de sans-grade qui est en train de se révéler à l'Europe du football.

Face à Valence, Hans Hateboer a marqué un doublé et Remo Freuler a inscrit un but magnifique. Vous n'avez jamais entendu parler d'eux ? C'est normal. Le premier est arrivé en janvier 2017 de Groningue contre un million d'euros et le second a débarqué un an plus tôt, en provenance de Lucerne et pour deux millions d'euros.

Avec les tout aussi méconnus Timothy Castagne, Robin Gosens ou Rafael Toloi, ils sont pourtant d'une certaine façon les symboles de la progression de la "Dea", la déesse, le surnom de l'Atalanta.

Club modeste et provincial, toujours resté dans l'ombre des deux géants milanais (la capitale lombarde est située à moins de 50 kilomètres de Bergame), l'Atalanta a en effet trouvé ces dernières saisons un équilibre et un modèle qui lui ont permis de venir jouer à la table des grands clubs italiens, puis sur la scène européenne.

Réputé pour la qualité de son centre de formation, l'Atalanta a aussi excellé ces dernières saisons dans le "scouting" et le recrutement de joueurs à bas coût.

Certains ont été revendus très cher (Kessié, Mancini, Cristante ou Kulusevski, qui rejoindra la Juventus la saison prochaine), d'autres ont trouvé leur place dans le 11 de départ, à l'image des précédents cités ou de Marten De Roon et José-Luis Palomino, passé par le FC Metz.

- l'effet "Gasp" -

AFP / Vincenzo PINTOL'entraîneur de l'Atalanta Bergame Gian Piero Gasperini replace ses joueurs face à Valence, le 19 février 2020 à San Siro

Au bout du compte, l'Atalanta joue les trouble-fêtes avec la 13ème masse salariale de Serie A (36 millions d'euros), soit moins que Cagliari ou Bologne et à peine plus que la salaire annuel de Cristiano Ronaldo (31M).

Le miracle a été rendu possible par les choix du président Antonio Percassi, ancien joueur du club devenu homme d'affaires millionnaire, mais surtout grâce au travail de l'entraîneur Gian Piero Gasperini, qui a trouvé à Bergame sa revanche sur le football d'élite.

Il y a en effet une certaine ironie à voir l'Atalanta amener 45.000 spectateurs (Bergame compte 120.000 habitants) à San Siro pour un 8e de finale de Ligue des champions, là où l'AC Milan et l'Inter Milan n'ont plus mis les pieds depuis 2014 et 2012.

Car après avoir fait des miracles à Crotone et au Genoa, Gasperini avait été choisi en 2011 par l'Inter... Qui ne lui a pas laissé plus de cinq matches avant de l'écarter.

"Gasp" est alors redescendu d'un cran, d'abord à Palerme puis de nouveau au Genoa, avant de mener l'Atalanta à des hauteurs jamais atteintes.

Avec lui, l'autre club nerazzurro a décroché deux 4e places en trois ans, une participation à l'Europa League et l'apothéose de la Ligue des champions cette saison. La C1 a d'ailleurs toutes les chances d'être encore au rendez-vous en mai prochain, le club bergamasque étant actuellement 4e avec six points d'avance sur l'AS Rome, en pleine crise.

AFP / Vincenzo PINTOLe défenseur néerlandais de l'Atalanta Hans Hateboer s'est offert un doublé contre Valence en Ligue des champions, le 19 février 2020 à San Siro

Et tout ça avec la manière, puisque l'Atalanta, qui propose un football moderne, intense et offensif, est de très loin la meilleure attaque de Serie A (63 buts inscrits en 24 matches, contre 55 à la Lazio Rome et 49 à l'Inter).

De quoi s'attirer les compliments: "L'Atalanta est aujourd'hui la fierté du football italien, ce que notre foot a de plus beau", écrivait jeudi matin la Gazzetta dello Sport dans un éditorial.

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