Dimanche 22 Septembre, 2019

Liberté de la presse 2018 : Haïti chute, la RD stagne

Image d'un microphone. Photo: Pixabay

Image d'un microphone. Photo: Pixabay

Haïti vient de perdre pied dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en avril 2018. Sur 180 pays, la première République noire bascule à la 60e place.

Une chute de 7 pieds par rapport à l’année précédente où le pays était classé 53e et devançait la République dominicaine qui avait occupé la 59e rangée. Nos voisins stagnent pour la deuxième année consécutive.

« Les journalistes haïtiens sont toujours victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information. Certains subissent encore des intimidations et des agressions. Les médias privés, très liés aux intérêts de leurs actionnaires, peinent à exprimer leurs points de vue sans autocensure », a indiqué le document publié sur le site de RSF.

Les relents du séisme de 2010, le passage du cyclone Matthew en 2016, entre autres, ne sont pas sans conséquence sur ce bringuebalement. « Le pays a beaucoup souffert du séisme de 2010 et du cyclone Matthew en 2016 qui ont considérablement endommagé les infrastructures existantes sur l'île ».

« En 2017, un projet de loi sur la diffamation a été voté au Sénat, prévoyant de lourdes sanctions contre les journalistes », conclut l’extrait qui traite de la situation des journalistes et de la presse en Haïti.  

À la République Dominicaine, RSF reproche une liberté de l’information « fragilisée par un fort niveau de concentration et d’impunité, favorisant l’autocensure. Les journalistes qui couvrent des sujets sensibles comme la corruption ou le narcotrafic s’exposent entre autres à des menaces ou de violentes représailles pouvant aller jusqu’à l’assassinat de la part de fonctionnaires ou de cartels ».

RSF constate, cette année, « l’accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes. L’hostilité revendiquée envers les médias, encouragée par des responsables politiques et la volonté des régimes autoritaires d’exporter leur vision du journalisme menacent les démocraties ».

Dans ce classement, la disparition du photojournaliste Vladjimir Legagneur depuis le 14 mars dernier pendant qu’il était allé faire un reportage dans le quartier chaud de Grand-Ravine, semble-t-il, n’a pas été prise en compte. 28 mars dernier, des journalistes ont marché dans les rues de Port-au-Prince pour forcer l’État à prendre ses responsabilités dans le dossier, donc à retrouver les traces de leur confrère.

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Le 16 avril dernier, un mois plus tard, le président de la République Jovenel Moise s’était exprimé pour la première fois sur ce dossier. « À propos de la disparition regrettable du photographe et père de famille (sic) Vladjimir Legagneur, je déclare publiquement ce que j’exige aux autorités compétentes : il faut tout mettre en œuvre pour élucider ce cas, tout en prenant les dispositions en vue de pacifier les zones chaudes », disait-il.

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