Mercredi 19 Décembre, 2018

Des théologiennes publient une "Bible des femmes"

Deux théologiennes de Genève, Elisabeth Parmentier (à gauche) et Lauriane Savoy présentent la "Bible des femmes" à laquelle elles ont contribué, avec une vingtaine d'autres théologiennes, le 20 novembre 2018 à Genève

Deux théologiennes de Genève, Elisabeth Parmentier (à gauche) et Lauriane Savoy présentent la "Bible des femmes" à laquelle elles ont contribué, avec une vingtaine d'autres théologiennes, le 20 novembre 2018 à Genève

Lassées de voir la Bible utilisée pour légitimer une "soumission des femmes", une vingtaine de théologiennes protestantes et catholiques se revendiquant également féministes se sont réunies pour publier "Une Bible des femmes".

"On a constaté autour de nous qu'il y avait énormément de méconnaissance des textes bibliques, beaucoup de gens qui ne les connaissent plus, ou bien qui pensent qu'ils sont complètement périmés et (...) plus du tout en adéquation avec les valeurs actuelles d'égalité, etc.", a expliqué à l'AFP Lauriane Savoy, 33 ans.

Vite rejointes par la théologienne catholique canadienne Pierrette Daviau, les deux protestantes genevoises ont réuni autour d'elles un panel de consoeurs venues de différents horizons à la fois géographiques, religieux et générationnels.

- "Relents du patriarcat" -

"Nos chapitres scrutent des errances de la tradition chrétienne, des occultations, des traductions tendancieuses, des interprétations partiales, des relents du patriarcat qui ont pu mener à nombre de restrictions, voire d'interdits pour les femmes", expliquent les auteures en introduction de l'ouvrage.

Autre exemple de lecture féministe avec Marie-Madeleine ou Marie de Magdala. "C'est le personnage féminin qui revient le plus dans les Evangiles", rappelle Lauriane Savoy. "Elle reste avec Jésus, y compris lorsqu'il va mourir sur la croix alors que tous les disciples hommes ont eu peur, c'est elle qui va au tombeau en premier et découvre la résurrection (...) c'est un personnage fondamental alors qu'on l'a pourtant décrite comme une prostituée qui était aux pieds de Jésus, peut-être même l'amante de Jésus dans des fictions récentes", constate Mme Savoy.

"C'est comme si on prenait des lettres que quelqu'un envoie pour donner des conseils en considérant qu'ils sont valables pour l'éternité (...) c'est pour ça qu'on se bat contre une lecture littéraliste qui prend les textes au premier degré", affirme Mme Parmentier.

Les théologiennes abordent ainsi la Bible à travers différentes thématiques: le corps, la séduction, la maternité, la subordination... Le livre s'achève en donnant la parole à Marie, la mère de Jésus.

Le livre se taille "un joli début de succès", se félicite son éditeur, Matthieu Mégevand, directeur de la maison d'édition protestante Labor et Fides.

"Par rapport à celles qui disent que l'on doit jeter la Bible si l'on est féministe, nous, notre pari, c'est justement qu'il ne faut pas", insiste Mme Parmentier.

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