Dimanche 18 Novembre, 2018

L'exode des Venézuéliens met les pays voisins sous pression

La migrante vénézuélienne Nacari, 16 ans, patiente à la frontière entre l'Equateur et le Pérou, à Huaquillas, le 25 août 2018

La migrante vénézuélienne Nacari, 16 ans, patiente à la frontière entre l'Equateur et le Pérou, à Huaquillas, le 25 août 2018

L'exode massif de Vénézuéliens a causé ces dernières années de fortes tensions dans les pays voisins et met en évidence le manque de coordination entre les gouvernements sud-américains face à cette crise humanitaire majeure.

La Colombie à elle seule a enregistré l'entrée de plus d'un million de ces migrants depuis un an et demi. Le Pérou, le Chili et l'Équateur font aussi partie des pays les plus prisés.

- Manque de préparation et coopération -

"Ces pays manquent de moyens, d'organisation ou d'installations de santé pour offrir un minimum de soutien à ces migrants", qui arrivent pour la plupart dans des conditions précaires, ajoute-t-il.

Au Brésil, qui exige seulement une carte d'identité pour laisser les Vénézuéliens entrer sur son territoire, le président Michel Temer a nié farouchement mercredi toute intention de fermer la frontière.

La Colombie, elle, exige que les migrants soient munis d'un passeport ou d'un visa spécial qui leur permet notamment de recevoir des soins médicaux.

Une réunion régionale sur le sujet doit avoir lieu lundi et mardi à Quito et l'Organisation des Etats Américains (OEA) a convoqué une session extraordinaire le 5 septembre.

Ce flux migratoire "représente un énorme défi pour les gouvernements", explique David Smilde, membre de WOLA, une organisation spécialisée dans la défense des droits de l'Homme sur le continent américain.

Le cas du Brésil est emblématique. Bien qu'il s'agisse du pays frontalier qui a reçu le moins de migrants, le flux est concentré dans une zone particulièrement défavorisée.

Mardi, le président Temer a autorisé par décret le déploiement de l'armée pour assurer le maintien de l'ordre.

L'institut brésilien de statistiques IBGE a recensé plus de 30.000 Vénézuéliens vivant dans l'Etat de Roraima, peuplé de 576.000 habitants.

Selon lui, "les réfugiés ne représentent pas un risque" pour la sécurité, mais les problèmes liés à l'immigration peuvent être utilisés "dans des discours populistes pour susciter la peur", à un peu plus d'un mois des élections générales.