Mardi 12 Novembre, 2019

L'Etat haïtien porte plainte contre les dilapidateurs du Petrocaribe

Le Premier ministre Jean-Henry Céant

Le Premier ministre Jean-Henry Céant

Le Premier ministre Jean-Henry Céant a déclaré ce lundi en marge d’une visite au palais de justice, que l'Etat haïtien, "première victime" dans l'affaire Petrocaribe, vient de porter plainte par devant le parquet contre les dilapidateurs de ce fonds, a appris la rédaction de Loop Haiti.

La Cour des comptes a soulevé de nombreuses irrégularités dans son rapport d'enquête sur l'utilisation des fonds Petrocaribe. Rien que pour le projet d'électrification par lampadaires « Ban’m Limyè Ban’m Lavi » (BLBL) coûtant, entre 2012 et 2013, 13 780 000 millions de dollars américains tirés des fonds PetroCaribe et destiné à l’installation de lampadaires à travers les dix (10) départements du pays, "la Cour relève qu’au lieu d’en faire dix (10) lots pour la réalisation de ce programme, le BMPAD a plutôt donné vingt (20) contrats aux firmes" concernées.

Ensuite, rapporte la Cour, "de l’examen de ces vingt (20) contrats, il appert que six (6) ont été régulièrement passés, c’est-à-dire qu’il y a eu un appel d’offres dans les règles. Pour les quatorze (14) autres, les contrats ont été signés de gré à gré entre le BMPAD et douze (12) firmes ayant été choisies au préalable pour un montant total de cent trente-trois millions neuf cent quarante-six mille cinq cent quatre-vingts gourdes et 50/100 (133 946 580,50 HTG)", dont en violation de l’article 5.1 de la loi sur la passation de marchés publics.

De plus, dans le rapport parvenu à la rédaction de Loop Haiti, la CSC/CA souligne avoir "constaté que le consortium Besuco S.A / Suntech Solar avait eu un contrat pour l'installation de 1200 lampadaires, ils en ont installé 600, soit 50% alors que 100% de l'argent a été décaissé." Elle poursuit : "De même, pour la firme Enersa, qui avait un contrat pour l’installation de 1200 lampadaires, seulement 59.7% ont été installé tandis que 87.2% du montant du contrat a été décaissé, créant ainsi un préjudice au projet et à la communauté."

L'Etat haïtien, la première victime

« L’Etat haïtien a été la première victime. L’Etat haïtien a porté plainte aujourd’hui par-devant le parquet et sera toujours aux côtés de ceux qui réclament des éclaircissements sur l’utilisation des fonds PetroCaribe », a apporté HPN citant le Chef du Gouvernement. Le notaire a poursuivi: « Nous avons rendu plusieurs visites à la Cour des Comptes qui, aujourd’hui, a produit son rapport qui donne des indications claires. Nous allons continuer à accompagner la justice et l’Etat.

En décembre 2018, le Secrétaire d'Etat à la communication avait annoncé que l'Etat comptait porter plainte contre les firmes n'ayant pas exécuté des contrats, sans vouloir citer les noms des firmes en question. Le même mois, la cour avait adressé une correspondance au Premier ministre Jean-Henry Céant, lui faisant part de la réticence de certaines institutions de l’État à collaborer dans la réalisation de l’enquête.

Le 31 janvier 2019, la cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a remis le rapport de l’enquête réalisée sur l’utilisation des fonds Petrocaribe en mains propres au président du Sénat de la République, Carl-Murat Cantave, lors d’une séance spéciale au Grand Corps. Lors de la remise du document, le président de la CSCCA, Volmar Desmesyeux, a précisé qu’il s’agit d’un rapport partiel, le tribunal administratif n’ayant pas pu réaliser un travail exhaustif en raison de la réception tardive de certains documents, a-t-il précisé.

Des sénateurs comme Joseph Lambert, Youri Latortue ont salué le travail effectué par la Cour qui, selon eux, vient confirmer les révélations des enquêtes sénatoriales. L’ancien président du Sénat, Joseph Lambert, prédit déjà qu’il y aura des agitations dans le pays considérant les personnalités indexées dans ce rapport.

Le président de la commission étique et anti-corruption du sénat de République Youri Latortue a fait le point, le 01 février 2019 autour du document. Selon le parlementaire, le rapport de la CSCCA vient amplifier les éléments révélateurs du niveau de la corruption dans l’administration publique haïtienne. En effet, 2 milliard 258 millions 795 mille 683,56 dollars américains, ont été volatilisés dans le cadre de la signature des marchés publics avec des firmes privées de mars 2008 à avril 2018.

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