Jeudi 23 May, 2019

"Les subventions aux sénateurs sont pratiquement insuffisantes”

“Les subventions aux sénateurs sont pratiquement insuffisantes”, estime Cantave

Fêtes de Pâques, vacances d’été, fêtes patronales, rentrée scolaire, frais de deuxième résidence… le président du Sénat de la République, Carl Murat Cantave, tente d’apporter des explications sur les subventions accordées aux parlementaires, les sénateurs en particulier. Ces différents frais sont parfois insuffisants, selon l’élu de l’Artibonite annonçant dans la foulée, l’élimination de deux des quatre subventions majeures pour cette année. 


Pour prouver l’insuffisance de certaines subventions accordées aux pères conscrits, Carl Murat Cantave cite en exemple les 250 mille gourdes allouées mensuellement aux sénateurs pour les fêtes patronales, qui est loin de répondre aux exigences. 

“Parfois, on enregistre trois “fèt chanpèt” pendant un mois. Un sénateur peut dépenser près de 500 mille gourdes pour un seul événement, soit 1.5 million pour les trois”, précise l’élu.

Carl Murat Cantave affirme que ses homologues nagent en plein déficit, leurs dépenses pour les fêtes patronales dépassant largement le montant qui leur est accordé par l’Etat. 

400 mille gourdes par mois pour les bureaux régionaux, une question « terre-à-terre »

Le sénateur Carl Murat Cantave ne souhaite même pas parler des 400 mille gourdes allouées aux parlementaires pour le fonctionnement de leurs bureaux en région. Pour le parlementaire, ce frais mensuel est une question “terre-à-terre”, qu’il ne veut même pas aborder dans la presse. 

“Moi-même, je dispose de six bureaux dans mon département. Je dépense environ 360 mille gourdes pour payer des employés. Le reste de la somme ne peut pas faire grand chose”, explique-t-il.

Pour lui, ces subventions ne sont pas des privilèges, comme le veulent faire croire plusieurs secteurs de la vie nationale.

Les sénateurs n’ont rien encaissé des frais pour leurs consultants

Les frais alloués aux sénateurs pour engager des consultants, font débat également. Carl Murat Cantave informe qu’un consultant perçoit entre 60 à 100 mille gourdes par mois, en fonction de leurs compétences. 

“Ce sont les consultants eux-mêmes qui signent leurs contrats. Ces frais ne sont pas encaissés par les sénateurs”, précise le président du Sénat.

Avec 250 mille gourdes par mois, les sénateurs paient difficilement leur loyers

Chaque sénateur reçoit 250 mille gourdes mensuellement, pour une deuxième résidence. Le parlementaire de la KID explique que certains parlementaires ne sont pas propriétaires de maison, et payent deux mille dollars américains par mois. “Donc, le reste ne représente presque rien”, insiste-t-il.

“Je ne vis pas uniquement du Sénat de la République. Je suis médecin, spécialiste en santé publique. Je donne des consultations à des ONGs. Je dépends de ma clinique, pas du Parlement”, précise-t-il en passant tout en invitant ses pairs à justifier l’utilisation des fonds qui leur ont été alloués.

Même les subventions pour les fêtes de Paques sont insuffisantes

Cette année, la somme de 1 million de gourdes subvention pour les bandes de raras a été supprimée. “Mais ce frais est insuffisant, tenant compte des exigences de la période”, déclare le parlementaire. 
La ville des Gonaïves à elle seule, compte près de 18 bandes de rara. Et si on veut donner de l’assistance dans les 17 communes du département de l’Artibonite, la subvention de l’Etat est pratiquement insuffisante”, ajoute-t-il. 

Notons que depuis l’exercice fiscal précedent, 2 des 4 subventions annuelles accordées aux sénateurs ont été supprimées. L’accompagnement pour la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année, sont les deux subventions retenues. L’objectif, selon Murat Cantave, est de couper-court aux flots de critiques dont est l’objet le parlement haïtien.


Luckson Saint-Vil

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