Samedi 15 Décembre, 2018

Les slogans de l’année 2017 en Haiti

D’une simple blague sans grande intelligence nait souvent une formule percutante qui aura marqué l’esprit d’une époque. Celle-ci prendra la forme d’un slogan lorsque, popularisée, elle commence à migrer vers un flot de connotations dans des domaines impropres à son sens premier. En Haïti, l’année 2017 n’a pas été précaire en slogans. Ainsi, Loop a recensé une dizaine qui sera présentée par ordre alphabétique. Constat surprenant : aucun d’entre-deux ne provient de la politique.

Al anba (fon w plake)

Popularisé en 2016 par le DJ Tony Mix, ce slogan a traversé la nouvelle année avec toute sa fraicheur et son influence. A notre avis, il présuppose le sens de « vas te faire foutre », « ôte-toi de là », « vas te laver ! », « shut up », et serait synonyme de « la pa la w ! », etc.

Bondje wè w

A forte connotation religieuse, cette réplique constitue une véritable échappatoire à toute situation en apparence diffuse pour quelqu’un. Popularisé sur Internet, ce slogan serait un avertissement dans certaines situations, tout aussi bien une expression traduisant une idée sans fondement réel.

Byen pase (otomatik)

Selon toute vraisemblance, ce slogan tire son origine de la meringue 2017 de l’artiste Roody Roodboy baptisée « M pi wo pase w ». Le chanteur l’a utilisé pour donner une impression que tout se passe à merveille, ou pour présenter l’image d’un succès fulgurant. En juillet dernier, le slogan est devenu le titre d’une musique à succès du groupe à tendance compas « Kreyòl la » en featuring Tony Mix.  

K*k* kap fèt

Slogan familier, quelque peu obscène, on l’utilise dans certains milieux ou dans des cercles d’ami (e) s pour banaliser une action ou un point de vue. En somme, c’est une insulte lorsqu’on le prononce ; ceci dans n’importe quelle situation. 

L al Chili

Slogan avec une référence topographique, « l al Chili » traduit au départ la nouvelle vague migratoire des haïtiens qui se rendent en Amérique latine à destination de Chili à la fin de 2016. Il connaitra d’autre sort à partir de son utilisation dans la meringue 2017 du groupe Kreyòl la qui l’évoque pour ridiculiser Michael Guirand appartenant à la formation musicale Carimi effondrée en été 2016. De là, sa réactualisation dans le parler courant des haïtiens pour faire référence à une personne, un objet qui se déplace d’un lieu à un autre ou, du moins, qu’on ignore la destination.

On fwa

Littéralement, « on fwa » signifie « un point c’est tout ». Mais le sens s’agrandit devenant « une seule chance », « dans un laps de temps ». Dans certains cas, il s'apparente à l’expression « la chance ne vient qu’une fois ». Par habitude, on l’entend dans la bouche du comédien Atou Gang dans ses courtes vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Ou kwè se mwen

Jusqu’à preuve du contraire, ce slogan nait de la bouche du personnage Kr*k **** de son vrai nom Philomène Deryl, figure quelque peu atypique suscitant le fou rire chez ses admirateurs. De son origine, il servirait pour interroger le moi, s’extasier devant une réalisation personnelle mettant en exercice une capacité insoupçonnée au départ. Bref, s’émerveiller devant une réalisation personnelle.

Ou pa egare (men bagay/ met granmoun sou ou/ je yo pa nan boud*)

Reconnu du grand public au début du mois d’octobre 2017, ce slogan, semble-t-il, a des origines louches. Il aurait été propulsé par un certain Emanuel Lemite alias Dread Shoudly, résidant aux Etats-Unis, vantant sa fortune auprès de ses amis. Cependant Shabba Djakout aurait décidé de rapatrier le slogan pour en attribuer la paternité à Pouchon Duverger, lead vocal du groupe Djakout #1. « Ou pa egare » a pris d’autres connotations pour devenir une antienne que l’on croise à toute heure et en tout lieu.

Sa e nan boud*w

Ce slogan peu orthodoxe, traduit une certaine suffisance de la part du locuteur. De manière tendancieuse, il fait référence à la partie anale de l’être humain. D’autre part, il serait l’équivalent de « ça m’est égal », « je m’en fou », etc. C’est un juron qui se prononce le plus souvent entre membre d’une même fratrie.

Sa w di m la

Sans chercher midi à quatorze heures, ce slogan marque la surprise ou l’étonnement dans une situation ou au moins deux locuteurs s’échangent sur un sujet donné. Néanmoins, il peut jouer le rôle de renforcement aux dires d’un locuteur.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :