Mardi 22 Octobre, 2019

Les pèlerins à La Mecque lapident symboliquement "Satan"

Des fidèles musulmans lancent des cailloux sur la stèle symbolisant Satan à Mina près de la ville sainte de La Mecque en Arabie saoudite, le 11 août 2019

Des fidèles musulmans lancent des cailloux sur la stèle symbolisant Satan à Mina près de la ville sainte de La Mecque en Arabie saoudite, le 11 août 2019

Quelque 2,5 millions de musulmans, en pèlerinage à La Mecque en Arabie saoudite, ont entamé dimanche le rituel de la lapidation de Satan, un moment à risque qui avait viré au drame dans le passé.

Au premier jour de l'Aïd al-Adha, la fête du sacrifice célébrée par les musulmans à travers le monde, des flots de fidèles se sont relayés sur le site de la lapidation à Mina, une vallée aride près de la ville sainte de La Mecque dans l'ouest saoudien, pour jeter des cailloux sur la grande stèle symbolisant Satan.

Sous l’oeil vigilant d'une cohorte de militaires portant des masques chirurgicaux, les pèlerins traversent par vagues successives un pont appelé jamarat (braises), puis, une fois face à la première des stèles symbolisant Satan, "Shaytan" en arabe, jettent sur elle sept cailloux ramassés la veille.

"Il fait chaud, je bois beaucoup d'eau et je suis toujours caché sous mon ombrelle", lance l'Indien Jaker Akjar, 48 ans, barbe teinte de henné et portant des lunettes de soleil.

Cet homme au visage affable effectue pour la première fois le hajj, l’un des cinq piliers de l’islam.

Une pluie de petites pierres s'abat sur la grande stèle, premier lot de millions de projectiles que les pèlerins devront lancer, trois jours durant, sur chacune des trois stèles représentant Satan.

"Je suis bien équipé et prêt" à lapider le diable, dit en plaisantant Omar, un ingénieur saoudien de 33 ans, montrant ses "munitions" stockées dans une bouteille en plastique.

- Sécurité -

Il n'est pas rare que les cailloux ratent leur objectif: les lanceurs sont touchés par accident et les invocations se mêlent à des cris.

Des centaines de policiers et de militaires sont déployés sur chaque étage du site. D'autres organisent les flux aux abords des stèles.

Des ambulanciers sont mobilisés, des caméras suivent le mouvement des fidèles et des hélicoptères survolent cette vallée de tentes blanches qui ne s'anime qu'une fois par an durant le hajj.

Des employés de la sécurité aspergent d'eau les visages des fidèles en sueur, en raison de la chaleur.

La rite de la lapidation est une étape périlleuse: en 2015, quelque 2.300 personnes ont péri dans une gigantesque bousculade, la pire tragédie de l'histoire du hajj. D'autres bousculades meurtrières sur ce même site avaient endeuillé le grand pèlerinage.

- "Tour d'adieu" -

Selon la tradition, l'Aïd al-Adha, la plus grande fête du calendrier musulman, est célébrée en souvenir du sacrifice que faillit accomplir Abraham en voulant immoler son fils sur ordre de Dieu, avant de recevoir à la dernière minute un mouton qu'il égorgea à la place.

Pour se rappeler du geste du principal patriarche des religions juive, chrétienne et musulmane, les musulmans égorgent une bête, généralement un mouton, et offrent une partie de la viande aux nécessiteux.

Pour des raisons sanitaires et d'organisation, les abattages massifs de moutons se font depuis quelques années loin des lieux saints. Les pèlerins paient des agences spécialisées qui distribuent en leur nom la viande à des nécessiteux dans le royaume et à travers le monde musulman.

Après le rituel de la lapidation, les fidèles doivent se rendre à La Mecque, ville natale du prophète Mahomet, pour un "tour d’adieu" de la Kaaba.

C'est en direction de cette structure cubique drapée dans une étoffe noire brodée d’or, au coeur de la Grande mosquée, que les musulmans du monde entier se prosternent pendant leurs cinq prières quotidiennes.

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