Mardi 22 Octobre, 2019

Les nouveaux voisins du Parlement et de la Primature

Les bouchers de la Croix-des-Bossales, les nouveaux voisins du Parlement et de la Primature / Loop Haiti

Les bouchers de la Croix-des-Bossales, les nouveaux voisins du Parlement et de la Primature / Loop Haiti

Depuis plusieurs jours, des bouchers du marché de la Croix-des-bossales élisent domicile en face du Parlement, à côté de la Primature au Bicentenaire. Ces marchands qui essaient d’échapper à la terreur installée dans le quartier de La Saline, affirment être rançonnés et même tués par des membres de gangs. Ils appellent à l’adoption de mesure visant à garantir leur sécurité.

Sur la place d’Italie au Bicentenaire, en face du Parlement, à quelques pas de la Primature, des petites tables sont alignées. Sur quelques-unes d’entre elles, des lots de viandes, entourées d’une colonie de mouches. Ils sont là depuis le weekend écoulé, fuyant ainsi la terreur qui s’installe à La Saline.

Debout devant sa petite table, cette marchande nous raconte ce qu’elle a vécu pendant les affrontements armés. « On est obligés de nous réfugier ici, en face du Parlement. C’est mieux que la Croix-des-Bossales. On fonctionnait à la merci des gangs armés. Certaines d’entre nous ont été tuées. On n'en pouvait plus de cette peur. On ne pouvait plus résister à une telle situation », lâche-t-elle.

 

De plus, ces bouchers sont rançonnés quotidiennement par des hommes armés. Les frais varient en fonction du nombre d'animaux tués. « Si on tue un bœuf, on doit verser aux bandits 500 gourdes. Pour deux, on est tenus de donner 1000 gourdes. Parallèlement pour d’autre bétail comme le cabri, les gangs armés exigent entre 200 à 250 gourdes », explique une autre marchande.

« Un véritable casse-tête, une situation intenable », se plaignent les bouchers. Très hostiles envers les autorités, ils réclament que des mesures urgentes de sécurité soient adoptées en vue de favoriser la reprise des activités au marché de la Croix-des-Bossales.

« Pour liquider nos produits, on a besoin de sécurité. Si les autorités étatiques ne peuvent pas garantir l’ordre dans la zone, on doit trouver un autre espace. Les parlementaires eux aussi doivent dire un mot. Dans le cas contraire, nous allons installer nos tables à l’intérieur du Parlement », déclarent-t-ils.

En attendant la réponse des officiels face à l’assaut des bandits, la place d’Italie se transforme peu à peu en un véritable marché public. L’odeur de la viande ne cesse de se propager dans un espace qui abrite des membres des pouvoirs législatif et exécutif. Ces bouchers qui fuient la terreur des gangs à La Saline, deviennent depuis samedi dernier, de nouveaux voisins du Parlement et de la Primature.

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