Dimanche 17 Juin, 2018

Les motos d'Haïtiens saisies à la frontière par des autorités de RD

Des soldats de l’armée dominicaine à la frontière.

Des soldats de l’armée dominicaine à la frontière.

La frontière haitiano-dominicaine dans les parages de Jimani/Malpasse a été le théâtre de vives tensions ce week-end. En effet, ce dimanche 24 septembre dans l’après-midi, la circulation automobile a été considérablement perturbée au point que les voyageurs ont dû faire une partie du trajet à pied.

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Refugiés (GARR) qui a révélé l'incident, le présente en ces temes: « 31 chauffeurs de taxi moto de nationalité haïtienne qui résideraient à Jimani se sont vu confisquer leurs véhicules par les autorités dominicaines sous prétexte qu’ils n’ont pas de papiers pour assurer le transport dans la ville de Jimani. En représailles, un groupe de civils haïtiens ont saisi les clés de deux camions appartenant à des Dominicains  qui se trouvaient sur le sol haïtien ».

Cela ne suffisait pas pour que les chauffeurs victimes se soient calmés. Ils ont  lancé des pierres et des tessons de bouteilles en direction de la partie dominicaine de la frontière, selon le constat d'un partenaire de GARR sur le terrain.  

Leur colère était d’autant plus explosive lorsque les autorités policières haïtiennes de Malpasse, les ont demandés de restituer les clés des camions dominicains. Alors que le même geste n'était pas sollicité du côté dominicain pour la restitution de leur matériel de travail, d'autant qu'ils ont l’obligation de travailler quotidiennement avec leur véhicule pour payer les concessionnaires dominicains.

« Nous avons acheté à crédit nos motos. Tous les 8 jours, chacun de nous doit verser environ mille pesos aux concessionnaires dominicains. Qu’allons-nous faire pour honorer nos engagements si nos motos sont confisquées ? », se sont-ils interrogés, rapporte le GARR.

Le calme est revenu ce lundi 25 septembre, où les activités commerciales ont repris timidement leur cours au marché frontalier de Jimani/Malpasse, selon Natacha Bazile, animatrice du GARR à Ganthier. 

L’affaire allait être résolue suite à une rencontre tenue dans la matinée du 25 septembre 2017 entre Mme Thérèse Longchamp, Ministre conseillère et cheffe de poste au consulat haïtien à Barahona et des autorités dominicaines. Seulement seize (16) des trente-et-un (31)  motos avaient été restituées dans l’après-midi.

Une démarche saluée par le GARR  qui appelle les autorités haïtiennes et dominicaines à poursuivre les pourparlers en vue de la restitution des 15 autres motos et « à travailler pour éviter la répétition de tels actes qui tendent à alimenter des tensions au niveau des points frontaliers. »