Samedi 14 Décembre, 2019

Les locaux de Banj complètement saccagés par des manifestants

Photo: Raoul Junior Lorfils

Photo: Raoul Junior Lorfils

L'espace de travail et de réseautage, Banj, est parmi les nombreuses entreprises saccagées et pillées par des manifestants ce vendredi 27 septembre, au cours de la journée de mobilisation pour exiger le départ du président Jovenel Moïse. "Ils ont tout emporté", a confié à notre rédaction, son PDG Marc Alain Boucicault.

Sous le poids de frustration et de colère, plusieurs manifestants ont envahi, le vendredi 27 septembre, les locaux de Banj sis au niveau de Delmas 66, après avoir enlevé la barrière principale qu'ils ont utilisée comme barricade au milieu de la route. "Ils ont tout emporté", nous a confié Marc Alain Boucicault lors d'un court entretien ce 28 septembre. Le jeune influenceur, après cet incident, est visiblement secoué et se dit surtout triste pour les sponsors et clients de l'entreprise.

Ordinateurs, pompe à eau, batteries Inverter entre autres... les manifestants, qui avaient déjà attaqué d'autres entreprises sur leur chemin sur la route de Delmas, ont tout pris avant d'incendier ce dont ils n'avaient pas besoin ou ne pouvaient pas transporter, a constaté Loop Haiti ce samedi. "Un coup dur pour nous, nos clients et nos sponsors", regrette l'économiste Boucicault, qui rejette toutefois l'hypothèse d'une attaque ciblée contre sa société.

"Beaucoup d'autres entreprises ont été attaquées durant la même journée", rappelle-t-il en faisant référence à notamment un centre de photocopie qui se trouvait juste à côté, et qui lui aussi été vandalisé et incendié par les protestataires. "Je suivais le début de la scène à travers les caméras de surveillance. A partir du moment où ils ont arraché la barrière pour l'utiliser comme barricade, je savais que ce n'était pas bon signe", a-t-il raconté.

Banj FM ( 94.7 FM), la radio fraichement lancée par Banj, a aussi été détruite. 

"Nous allons devoir fermer nos portes", a annoncé Boucicault, avec une pointe de tristesse dans la voix. "Nous rouvrons nos portes certainement, mais la question est de savoir comment nos clients, pour la plupart des jeunes, vont faire pour reprendre leurs activités". Il a toutefois annoncé qu'en cas de réouverture prochaine, des mesures en vue de mieux sécuriser l'espace seront prises.

Pour le moment, les responsables ne sont pas en mesure d'évaluer avec exactitude le coût des dégâts causés. Mais les pertes sont énormes. Dans la foulée, les mots de sympathies fusent de partout et une levée de fonds a été lancée par l'initiatrice de Haiti Tech Summit, Chrstine Ntim, pour la reconstruction de la toute première "Co-working space" d'Haïti.

Sur la crise que connait le pays depuis plus d'un mois, Marc Alain Boucicault, joint par notre rédaction, invite les acteurs concernés à prendre leurs responsabilités, à s'élever à la hauteur des défis actuels, pour éviter que les choses se dégradent encore davantage. "Il faut que citoyens puissent vivre bien leur vie et vaquer à leurs activités normalement", souhaite-il.

Ce 27 septembre 2019, dans la capitale haïtienne et d'autres villes de province, une journée de manifestation s'est tenue à l'appel de l'opposition politique. Les manifestants, qui réclamaient le départ du président de la République, ont vandalisé plusieurs entreprises et bureaux d'Etat.

Pour faire un don pour la reconstruction de Banj, cliquez ici >>> Bring Back Banj.

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