Dimanche 22 Septembre, 2019

Les Haïtiennes régulièrement violées par des soldats dominicains

Les femmes d'Haiti régulièrement violées par les soldats dominicains sur la frontière

Les femmes d'Haiti régulièrement violées par les soldats dominicains sur la frontière

Les institutions chargées du contrôle de la migration ont la frontière s’insurgent contre les méthodes employées par les autorités dominicaines pour déporter quotidiennement les Haïtiens. Selon elles, ces autorités dominicains violent régulièrement l’article 3 de l’accord signé entre les deux pays.

Dans la foulée, de nombreuses femmes et mineures ont été victimes de viols de la part de certains soldats dominicains, selon les déclarations de Nathanalie Raphael, responsable de l’Institut de protection sociale d’Haïti. « J'ai confirmé des cas de femmes et d'enfants alors qu'ils se rendaient en République dominicaine. Des cas de violence perpétrés par des soldats où des civils étaient accompagnés de leur famille. Les malfaiteurs les séparaient et militaires ou civils se déshabillaient alors que  les victimes ne peuvent rien faire pour éviter l'acte criminel », a-t-elle déclaré dans un journal dominicain.

Contactée par Loop Haïti, Jésula Blanc, membre du Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a confirmé que les cas de viols sont récurrents au niveau de la frontière. « La semaine dernière, une mineure de 16 ans a été violée par trois dominicains. Nous l’avons pris en charge et transféré son dossier à l’IBERSS », a confié Mme Blanc, dégoûtée par cette situation.

Les femmes qui traversent la frontière pour se rendre à leurs activités commerciales se font constamment violer. « Les militaires dominicains sont généralement identifiés comme les auteurs de ces actes. Parfois, ce sont des assaillants qui se font passer pour des soldats », déclare la responsable qui soutient que la majorité des victimes se font tromper parce qu’elles ne parlent pas la langue dominicaine.

Jésula Blanc fustige le comportement des autorités des deux pays qui ne réagissent jamais contre ces actes en vue de rendre justice aux compatriotes. « Des plaidoyers sont faits au niveau des ONGs, mais il faut également que les responsables agissent pour que cessent ces actes qui blessent notre fierté nationale », poursuit Mme Blanc.

En septembre dernier, Jonel Jeanty a reçu une balle à la jambe des soldats dominicains qui tentaient de le rattraper. Ces derniers l’ont déposé à la frontière après plusieurs jours sans le soigner. « Lorsque le Centre de référence de Ouanaminthe l’a récupéré, la jambe était déjà en phase de putréfaction. Les médecins ont dû couper la jambe au cours de l’opération chirurgicale », toujours selon Mme Blanc. L’affaire a été reportée devant les autorités haïtiennes, mais elles sont restées jusqu’à présent indifférentes.

Actuellement père de 5 enfants, Jonel Jeanty cherche à tout prix à retourner en République Dominicaine au lieu de vivre cette précarité qu’il subit dans son propre pays.

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