Samedi 20 Octobre, 2018

Les Dominicains ont séparé 4 000 enfants Haïtiens de leurs parents

Les Dominicains ont séparé 4 000 enfants Haïtiens de leurs parents depuis 2015. Photo: El Caribe

Les Dominicains ont séparé 4 000 enfants Haïtiens de leurs parents depuis 2015. Photo: El Caribe

Plus de 4000 enfants haïtiens ont été déportés par les autorités dominicaines sans l’accompagnement de leurs familles ces trois dernières années, selon l’Organisation Internationale de la Migration (OIM). L’institution et d’autres partenaires s’insurgent contre les méthodes de déportations employées par les autorités dominicaines qui, selon eux, ne respectent pas les accords signés entre les deux pays.

Pour Jésula Blanc qui est membre du Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Refugies (GARR), les autorités dominicaines violent régulièrement l’article 3 de l’accord signé en 1999 entre les deux pays. Selon ce que stipule l’article, les responsables dominicains devraient éviter « la séparation des familles en fusion (parents et enfants mineurs) pendant le processus de rapatriement ».

Le Centre de référence sur la frontière à Ouanaminthe accueille au moins 70 personnes par jour dont des femmes et des enfants qui ont été séparés de leur famille. « Ils arrivent sales, ils séparent les mères de leurs enfants. Ils les sortent de chez eux la nuit, ils ne leur permettent même pas de prendre des chaussures ou leurs papiers », dénonce le responsable de la migration haïtienne qui déclare que plusieurs de ces personnes sont victimes du racisme dominicains.

Le Centre de référence des frontières collabore avec le Foyer de l’Enfant Jésus de la Congrégation des Sœurs de Saint Jean l’évangéliste de Juana Mendez a Santa Teresita qui accueillent ces mineurs abandonnés. Alexandra Bonilla, une religieuse colombienne responsable du foyer a, elle aussi, dénoncé les pratiques des autorités dominicaines.

« Que les mineurs puissent retrouver leur dignité, car ce sont des vies brisées. Habituellement, les enfants arrivent avec des traumatismes et y passent entre une semaine et douze jours. Nous exigeons des parents qu'ils apportent un document prouvant leur paternité, mais en raison de leur irrégularité, ils tardent à venir les chercher. Ils retombent ainsi dans une mafia de buscones qui les traite et leur permet de rentrer de manière irrégulière avec leurs enfants en République dominicaine. C'est un cercle », a balancé Bonilla au journal dominicain.

Serafina et Fernando sont deux frères du foyer Enfant Jésus qui ont été renvoyés de la République Dominicaine pendant qu’ils rentraient chez eux à Villa Vasquez, Montecristi. Selon leurs récits des faits, Ils ont attaqués par des civils et ont été remis aux agents de l’immigration.

« Une policière m'a demandé de téléphoner une minute, je lui ai donné cinquante pesos. Lorsque j'ai appelé ma mère, un dominicain m'a répondu et nous a aidés à traverser la frontière. Il m'a dit qu'il allait me chercher et je l'ai rappelé, mais il n'est pas venu. C'est la raison pour laquelle ils m'ont amené ici », a déclaré l’un des mineurs qui explique que sa mère était une marchande d’avocats et d’autres fruits. A présent, ils veulent retrouver leur mère qui serait en situation irrégulière et ne savent pas si elle est actuellement à leur recherche.

Selon l’OIM, plus de 230 000 Haïtiens qui vivaient en République Dominicaine sont revenus dans leur pays suite aux mesures restrictives établies par les autorités dominicaines depuis 2015.  4 167 d’entre eux ont été déportés sans l’accompagnement de leur famille, toujours d’après les données de l’institution.

Source: El Caribe