Vendredi 21 Septembre, 2018

Victoire pour les députés haïtiens qui fuient les assemblées

Des députés en discussion lors d'une assemblée nationale.

Des députés en discussion lors d'une assemblée nationale.

Les règlements intérieurs de la chambre basse votés par la 48e législature, légèrement modifiés par la 50e viennent soulager les députés dont la régularité et l'engagement sont souvent questionnés au parlement. Désormais, ils n’ont plus besoin d’être physiquement présents pour donner quorum lors des assemblées.

Le président Gary Bodeau, semble-t-il, n’a pas la même verve que son prédécesseur Cholzer Chancy qui a outrepassé ces règlements et a usé de son gant de fer pour retenir les parlementaires absentéistes. Maintenant, il suffit de venir « signer, manger et s’en aller » sans même se renseigner sur l’ordre du jour.

« Le mardi 20 février dernier, alors qu’ils étaient appelés à tenir séance sur un projet de loi instituant la carte d’identification nationale unique, la secrétaire sténographe a indiqué, après un long appel de 117 noms de députés, que 65 élus ont signé la feuille de présence […] Pourtant, dans la salle, les journalistes qui se sentaient scandalisés par cet affront n’en ont compté que 36 », peut-on lire dans un article publié au Nouvelliste.

37 ont répondu à l’appel deux jours plus tard, mais le sténographe en a noté 66. Le journal rapporte une scène insolite qui s’est déroulée le 6 mars dernier au cours de la visite du ministre de l’Éducation venu pour éclaircir les points sur un document de loi portant sur la création de l'Agence nationale de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

« Surprise. Au moment de passer au vote, la vérité saute en plein visage : la salle ne contenait qu'une quarantaine d’élus du peuple. Où sont passés les 26 autres qui ont pourtant signé ? Personne ne peut répondre », raconte le Nouvelliste.

Il faut mentionner également que les débats dans les assemblées sont de graves tortures pour l’esprit car certains de ces députés ne se montrent pas à la hauteur de leurs tâches. Le « marronnage » reste une très bonne option pour ces derniers qui touchent pactole, honneurs et privilèges pour leur désœuvrement.