Mardi 25 Juin, 2019

Haïti-Pacte de gouvernabilité: "les conditions ne sont pas réunies"

Lancement officiel, mardi 22 janvier, du dialogue national autour du pacte de gouvernabilité au Centre de la Convention de la BRH./Compte Facebook du PM

Lancement officiel, mardi 22 janvier, du dialogue national autour du pacte de gouvernabilité au Centre de la Convention de la BRH./Compte Facebook du PM

Mardi 22 janvier, le gouvernement haïtien a lancé le dialogue officiel autour du pacte de gouvernabilité pour tenter de trouver une issue à la crise. « Le moment est à l’écoute de tous les secteurs de la vie nationale dans un dialogue sincère pour l’élaboration d’un pacte de gouvernabilité », a twitté Jean-Henry Céant.

Si d’un côté le PM Céant s’est donné un certain satisfecit, le président de la République estime, d’un autre côté que les absents (l’aile dure de l’opposition et certains partis politiques dont Fusion et RDNP) devraient être traînés sur le banc des pourparlers. Le notaire très respecté semble avoir du pain sur la planche.

Entre temps, Michel Soukar, homme de plume et de radio, affirme qu’en Haïti, « les conditions ne sont pas réunies » pour ce pacte. Aussi loin qu’il remonte à l’historien, le romancier soutient que le pacte en question n’est « pas une invention haïtienne », mais bien vénézuélienne.

Il fut instauré, dans les années 50, par des politiciens vénézuéliens, leaders de partis politiques dont Rómulo Betancourt d’Action démocratique (parti social-démocrate »), Raphael Caldera du Parti Démocrate-Chrétien (COPEI), sans oublier l’Union Révolutionnaire Démocratique rassemblée à Punto Fijo.

Ce pacte assurait, pendant trente bonnes années, une certaine stabilité politique au pays, laminé par les sombres années de dictature militaire. Les acteurs voulaient mettre le Venezuela sur la voie de la démocratie, tout en cassant l’élan communiste de plus en plus puissant, tout en contrecarrent la guérilla d’extrême gauche, prônant ainsi l’alternance politique, explique Michel Soukar, intervenant à la rubrique Le Point de télé Métropole.

Ce qui a débouché, poursuit l’écrivain, sur une distribution de richesses à partir des ressources pétrolières. Après ces trente ans de prospérité « relative », a-t-il indiqué, c’est la politique du clientélisme, la corruption et la partisannerie au sein des élites politiques et économiques du Venezuela, plongé dans la crise et le chaos. C’est dans ce contexte que l’ex-chef d’État du Venezuela Hugo Chavez fera son chemin dans la politique.

« En Haïti, les conditions pour un pacte de gouvernabilité ne sont pas réunies parce que nous n’avons pas de menaces communistes, encore moins de ressources locales pouvant déboucher sur une distribution de richesses », a fait savoir Michel Soukar. « Quand un gouvernement propose un pacte de gouvernabilité, il doit être franc et sincère. Il doit envoyer des signaux clairs de bonne gouvernance », a-t-il targué, prouver aussi que l’économie et la finance du pays seront gérées de façon efficace.

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